Coronavirus : Pourquoi les enfants y sont-ils moins vulnérables ?

Les scientifiques sont unanimes sur le sujet, le coronavirus n’a pas fait de victimes chez les plus jeunes. Voici les propositions avancées pour l’expliquer.

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Le taux de mortalité par tranche d’âge

Si d’habitude les enfants et les nourrissons sont les plus vulnérables face aux infections, cela n’a pas été le cas avec le coronavirus. Cela a aussi été observé par le passé avec quelques précédentes épidémies infectieuses telles que le SRAS.

Les chiffres récoltés confirment cette absence de victimes chez cette catégorie de personnes. Les autorités de Chine ont publié le 24 février l’étude la plus complète dans la revue médicale américaine Jama. Elle fait état d’un taux de mortalité proportionnel à l’âge des patients.

Le taux moyen de mortalité sur l’échantillon de 45 000 patients infectés est de 2,3 %. Aucun enfant de moins de dix ans ne figure cependant parmi les décédés. Plus surprenant, les enfants confirmés contaminés n’ont présenté que des symptômes mineurs.

Ce taux de mortalité est de 0,2 % pour la tranche d’âge jusqu’à 39 ans pour augmenter à 0,4 % chez les quadragénaires, atteint les 1,3 % pour les quinquagénaires, grimpe à 3,6 % chez les sexagénaires, tourne autour des 8 % chez les septuagénaires pour finir dans les 14,8 % chez les octogénaires.

Il semblerait au vu de ces chiffres que cette infection pulmonaire soit moins dangereuse que la grippe pour les tout-petits. Ce qui paraît illogique selon Cécile Viboud, épidémiologiste au National Institutes of Health des États-Unis, car pour la plupart d’autres infections respiratoires, qu’elles soient d’origine bactérienne ou virale, les cas graves sont surtout rencontrés chez les plus jeunes particulièrement chez les moins de cinq ans.

Aux États-Unis par exemple, la grippe a déjà tué pas moins de 105 enfants durant cet hiver selon le Pr Jacques Brouard, pneumopédiatre et infectiologue, chef du service de pédiatrie au CHU de Caen.

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À quoi serait due cette résistance particulière ?

John M. Nichols, professeur de pathologie à l’université de Hong Kong a avancé une première hypothèse. Selon lui, « Il faut regarder s’il n’y a pas une forme de protection croisée du fait de la récente épidémie de coronavirus saisonniers ».

La deuxième hypothèse se base paradoxalement sur le fait que la capacité de réponse du système immunitaire des enfants est encore faible. Sa conception ferait en sorte qu’il ne surréagisse pas à la pénétration de nouveaux agents infectieux.

Qu’importe, le Covid-19 est en train d’envahir progressivement le monde. En France, on a observé dernièrement une recrudescence subite du nombre des cas de contamination.

Quels sont les facteurs de risques possibles ?

Les maladies chroniques sont les principaux facteurs aggravants déterminés sur la base des données statistiques chinoises. Le taux de mortalité augmente de façon exponentielle pour frôler la barre des 6,3 % chez les malades atteints d’une maladie respiratoire telle que l’asthme, l’insuffisance respiratoire… Ceux qui présentent des maladies cardio-vasculaires ont même un taux de 10,5 % contre 7,3 % chez les diabétiques.

Les hypertendus comme les cancéreux ont respectivement un taux de mortalité de 6 % et de 5,6 % si ce taux n’est que 0,9 % chez les personnes indemnes de toute maladie chronique.

Ces statistiques sont confirmées dans les autres pays touchés par le coronavirus. En Italie par exemple, sur les quatorze premières victimes, l’une était cancéreuse, l’autre avait été victime d’un infarctus quelques jours plus tôt, un autre souffrait de problèmes cardio-vasculaires et suivait des séances de dialyse, les deux autres souffraient également d’affections sanitaires graves.

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Il faut aussi noter que les hommes sont plus à risques que les femmes. Cela s’expliquerait par le fait que la proportion de fumeurs est plus élevée que celle des fumeuses. En effet, le tabac figure aussi parmi les facteurs aggravants de l’infection.