Crise des scolytes : les mesures pour préserver la filière forêt-bois 

Cela fait plus d’un an que les scolytes dégradent une grande partie des forêts d’épicéa. Cette année, 2 millions de mètres cubes de bois ont été touchés, ce qui équivaut à deux fois plus de dégâts qu’en 2018. Ces bêtes ravageuses ont aujourd’hui détérioré presque la totalité des plants d’épicéa, en particulier dans l’est et le nord de l’hexagone, mais également en Autriche, en République tchèque, en Suisse et en Allemagne.

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Dans l’Europe du Nord et dans la partie centrale du continent, près de 100 millions de mètres cubes ont été affectés. L’heure est alarmante pour la filière-bois, qui doit se mobiliser. Voici quelques dispositions prises par les acteurs de cette branche.

Plus d’équipements pour moins subir l’invasion des coléoptères

Vers la fin des années 1990, les exploitants ont commencé à s’équiper de matériels plus modernes, afin d’effectuer des récoltes plus rapides et ainsi de parer aux attaques d’insectes. Ils se sont notamment procuré des tronçonneuses plus performantes, des abatteuses ainsi que des porteurs.

Et depuis peu, plusieurs solutions technologiques innovantes ont été mises en œuvre pour évaluer les zones sinistrées et promouvoir les activités du secteur forestier. L’usage des GPS de précision est alors devenu systématique, de même que la cartographie sous dispositifs d’informations géographiques.

De plus, la filière s’est tournée vers la numérisation. Grâce à l’abatteuse-récolteuse, la mesure du diamètre de chaque arbre a été facilitée. Certains exploitants se sont également mis à l’emploi de programmes informatiques permettant de transmettre les données des engins en forêt aux usines et aux ERP en temps réel.

La gestion des stocks améliorée

Après la tempête Martin survenue le 26 décembre 1999, plusieurs techniques de gestion de crise ont été adoptées, entre autres pour l’emmagasinage des bois. Les membres des coopératives d’Alliance Forêts Bois ont immergé les bois dans l’eau, ce qui a permis de les garder intacts. C’est ainsi que des espaces de stockage ont été aménagés dans le Limousin, dans le Médoc et les Landes. Après la tempête Klaus en 2009, près de 8 millions de mètres cubes de bois ont pu être stockés grâce à cette technique.

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À l’heure actuelle, avec la crise des scolytes, les mêmes méthodes sont appliquées afin de mieux préserver les bois. En même temps, les bois sont transférés dans les zones moins atteintes. Des stocks de bois ont donc été acheminés vers des industries de Bretagne et du Sud-ouest. Mais ces dernières semaines, l’expédition des bois a été réduite étant donné la grève des transports.

Le reboisement des forêts en vue d’une meilleure productivité

Pour anticiper l’attaque des scolytes, le reboisement est bien sûr de mise. En une vingtaine d’années, les membres d’Alliance Forêts Bois ont réussi à repeupler 400 000 hectares de forêts. 100 000 hectares ont été détruits par la tempête de 1999, tandis que 200 000 hectares ont été ravagés en 2009.

À ce jour, grâce à des équipements plus puissants et modernes, la qualité du bois est améliorée, de même que sa vitesse de croissance. Tout cela a permis de disposer d’un des meilleurs massifs forestiers du continent européen.

Le mot de la fin

Si la filière forêt-bois semble maîtriser la situation face à l’invasion des scolytes, d’autres problèmes sont malheureusement à résoudre. En réalité, de nombreux doutes planent quant au choix des essences de reboisement, vu le changement incessant du climat. Cela pourrait porter atteinte à 6 millions de mètres cubes d’épicéa d’ici trois ans.

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Pour y remédier, le gouvernement a prévu une allocation de 16 millions d’euros. Dans tous les cas, il apparaît que les scolytes constituent une menace jugulée. Momentanément. Car, pour assurer la pérennité de la filière, il est vital de diversifier les essences replantées. Cela permettrait d’en amenuiser la vulnérabilité aux changements climatiques tout en présentant l’opportunité de s’ouvrir de nouveaux marchés.