Des filets de pêche biodégradables pour diminuer la pollution marine par le plastique

Les déchets en plastique à usage unique représentent plus de 70 % des déchets marins, selon la Commission européenne, et 27 % des déchets marins retrouvés sur les plages européennes proviennent de matériels de pêche issus du plastique. En dérivant, ils piègent les animaux qui y vivent, sorte de pêche fantôme très destructrice des fonds marins. Divers projets sont lancés pour préserver les ressources marines.

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Projet Indigo

Lancé le mercredi 12 février dernier à l’Université de Bretagne Sud, le projet Indigo (pour Innovate fishing gear for ocean) vise à réduire ces déchets qui tuent les animaux marins, qu’il s’agisse de filets, de casiers ou d’autres matériels indéterminés.

Réduire les déchets marins pour une plus longue durée de vie dans les océans

Au plan mondial, les matériels de pêche jetés en mer atteignent les 640 000 tonnes par an. Casiers, filets, et autres matériels de pêche deviennent des déchets marins qui sont nuisibles aux espèces marines.

Comment les réduire afin de protéger la biodiversité marine ? C’est le but du projet Indigo, lancé par l’Université de Bretagne du Sud. Ce projet a pour objectif de proposer une solution éco responsable en créant du matériel de pêche biodégradable et réduire ainsi de 3 % la quantité totale de plastique présente dans la zone FMA (France Manche Angleterre).

Les porteurs de ce projet expliquent que « Les engins de pêche, avec une durée de vie estimée à plusieurs centaines d’années, représentent 27 % des déchets marins ». Ils engendrent ainsi plus de 26 000 kilomètres de matériels perdus chaque année dans la zone dite FMA et avec eux la « pêche fantôme ».

Outils de travail biodégradables pour lutter contre la pêche fantôme

Appelée « ghost fishing » en anglais, la pêche fantôme est une véritable catastrophe pour l’écosystème marin : on estime en effet que 70 % des animaux morts par étranglement le seraient à cause de ces filets abandonnés ; 30 % de la régression des stocks mondiaux de poissons seraient causés par ces mêmes filets devenus des déchets inaltérables en perdition dans la nature.

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« Et les conséquences pour l’environnement marin sont dévastatrices », ajoutent les initiateurs du projet. Aussi, « dans une démarche globale de réduction des déchets, il est primordial d’adapter la durée de vie du matériau à son utilisation ».

Fin 2019, ce projet a obtenu un financement du programme européen Intereg VA France (Manche) Angleterre de 4,2 millions d’euros sur trois ans (dont 2,9 de FEDER). Il s’étendra jusqu’à juin 2023. Le projet vise également à améliorer la prévention et la gestion des pollutions générées par les matériels de pêche, en développant une application à même de géolocaliser les engins déjà perdus et en déterminant les filières de recyclages existantes.

Quatre partenaires privés dont IRMA, NaturelPlast, Filt et Marine South Easy et six institutions de recherche (Université de Bretagne Sud, de Plymouth et de Portsmouth, Ifremer, CEFAS et SMEL) vont collaborer pour le projet Indigo.

Projet Algriplast

Un autre projet du nom d’Agriplast est financé par la région Normandie et le FEDER. Son objectif : développer des produits finis et matériaux plastiques dérivés et coproduits de céréales, d’algues et de légumes.

L’utilisation de ces coproduits et dérivés permet d’obtenir des produits finis pour diverses applications par modification de polysaccharides. Elle permet aussi de mieux comprendre et maîtriser les phénomènes de fragmentation pour pouvoir moduler la durée de vie des matériaux et accélérer les cinétiques de biodégradation.

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Cinq partenaires, dont 2 académiques (Algaia, UniLaSalle, NaturePlast, Nov’A Recherche et le laboratoire de l’Université de Caen) composent le consortium. Ce projet, qui a commencé en octobre 2019 durera 32 mois.