Des militants de Greenpeace exigent la fermeture de la centrale nucléaire du Tricastin

Greenpeace multiplie les actions contre l’activité des centrales nucléaires de France. Pour cette fois, les membres de l’ONG se sont attaqués au site implanté au Tricastin, dans la Drôme. Les auteurs de l’acte ont fait l’objet d’une garde à vue.

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26 militants de Greenpeace interpellés

26 militants de Greenpeace se sont mobilisés le vendredi 21 février sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme. Dans la matinée, ils ont investi les lieux peu avant 7 heures. Ils se sont introduits dans les différents points non stratégiques du site nucléaire. Puis, ils en sont sortis avant de manifester leur mécontentement face à la continuation des activités du site. Leur mouvement pacifiste s’est traduit par un déguisement en ouvriers d’une société de démontage industriel. Ils ont mimé le démantèlement du site avec des outils de chantiers à l’apparence de jouets (marteaux géants et brouettes).

Intervention de la gendarmerie et du procureur de la République de la Drôme

À 13 heures, les gendarmes ainsi que le procureur de la République de la Drôme se sont rendus sur les lieux. Ils sont exposés les faits. Le lieutenant-colonel Christophe Bentzinger, commandant en second de la gendarmerie de la Drôme a déclaré : « 90 gendarmes de la Drôme et du Vaucluse ont été mobilisés ». Des unités spécialisées ont complété les effectifs en place, continue-t-il. Les autorités compétentes qualifient l’intrusion des militants d’« atteinte aux infrastructures les plus sensibles ».

Selon le procureur de la République, Alex Perrin, aucune détérioration des matériels et des infrastructures n’a été commise. Cependant, les forces de l’ordre ont constaté un endommagement du grillage d’enceinte. D’après leur enquête, les militants ont franchi les grilles au moyen de disqueuses, de petites tractopelles et de pinces coupantes. Les activistes sont entrés sur le premier niveau de la centrale, puis ont continué dans les bâtiments administratifs. Ils n’ont pas atteint le niveau exposé de la centrale.

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Les militants placés en garde à vue

Dans le cadre de la loi, « pénétrer de façon non autorisée dans une enceinte nucléaire est une infraction pénale », souligne Alex Perrin. Ce crime s’aggrave s’il est « commis en réunion et avec des dégradations ». En outre, les 26 activistes ont échappé à la sécurité, alors que 8 autres sont restés à l’extérieur. EDF Tricastin déclare qu’« à aucun moment la sûreté des installations n’a été remise en cause ». À 9 h 30, la gendarmerie a interpellé 34 activistes.

Les causes de la mobilisation

Le mouvement a eu lieu exactement le jour où la centrale nucléaire fête ses 40 ans d’activités. À l’heure actuelle c’est le site le plus ancien de France. C’est justement sa vétusté qui a incité les militants à manifester vendredi matin. Ils soulignent qu’« il est urgent d’entamer un processus de fermeture, car il serait dangereux qu’elle fonctionne plus longtemps ». La banderole déroulée au grand jour mentionne en effet une « centrale périmée ». Rappelons que le vendredi soir a eu lieu l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim en Alsace.

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Selon les militants, la cuve du premier réacteur semble la plus fissurée du parc nucléaire de France. De plus, le site est localisé sur une zone sismique. Une digue protège contre les inondations, mais elle reste fragile. Plusieurs éléments radioactifs se sont déjà libérés et ont contaminé les nappes phréatiques. Par ailleurs, 40 ans représentent la durée de vie maximale d’une centrale nucléaire française. Au-delà de cet âge, le vieillissement se fera ressentir ainsi que ses conséquences, pronostiquent les militants. EDF essaie de prolonger l’activité de la centrale de 10 ans. Face à la vétusté du site, il a réalisé des travaux d’envergure, mais insuffisants pour maintenir la fonctionnalité et la sécurité du site.