Des militants de Sea Shepherd France arrêtés pour avoir transporté et exposé des dauphins morts

En ce début d’année, les actions extrêmes contre le massacre des dauphins se multiplient sur les côtes françaises. L’association Sea Sheperd France en est le principal auteur. Afin de lutter pour la cause des dauphins, les bénévoles ne reculent devant rien et ne craignent rien, même la prison.

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4 militants interpellés et placés en garde à vue

Le mardi 11 février 2020, 4 militants ont été placés en garde à vue, car ils ont exposé 3 cadavres de dauphins, dont un bébé, tués par des engins de pêche. Les bénévoles ont brandi une bannière sur laquelle figuraient les termes : « Des milliers de dauphins comme celui-ci sont massacrés chaque année en France pour que vous mangiez du poisson ». Ces mammifères marins étaient de nouvelles victimes des bateaux de pêche. Les bénévoles effectuaient des enquêtes à bord du bateau responsable, soupçonné de transport illégal d’espèce protégée.

L’interpellation a incité l’association à manifester sa colère. Dans un communiqué, elle souligne que « les militants sont prêts à aller en prison s’il le faut pour continuer à alerter le grand public sur l’hécatombe qui a lieu en France ». Les activistes ont placé les cadavres à proximité de la gendarmerie de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Au cours de l’enquête, ils se sont vus accusés de détention et transport illégaux d’espèce protégée. Ce délit encourt une peine maximale de 3 ans de prison ferme et 150 000 euros d’amende. Ils ont finalement écopé d’un rappel à la loi qu’ils n’ont pas signé, selon la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali.

Sea Shepherd réclame l’interdiction de la pêche non sélective

À des fins de sensibilisations, l’ONG se livrer à des activités extrêmes au large des côtes françaises. Les membres exposent à la vue du public des cadavres de cétacés à l’entrée des marchés. De nombreux cas similaires ont en effet été recensés à Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée et à Nantes, en Loire-Atlantique. Sea Shepherd exige l’abandon de la pêche non sélective, car la pratique piège les dauphins dans les chaluts et les filets de pêche. En guise de solution, l’association propose l’installation de caméras sur les bateaux afin de cibler les pratiques irrespectueuses de la faune marine. Cependant, la majorité des bateaux de pêche rejette toujours fermement cette suggestion.

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Durant son discours, Lamya Essemlali a manifesté sa colère : « on est choqué et en colère qu’une loi censée protéger les dauphins soit finalement utilisée pour entraver les actions qui essaient de les protéger. »

Une arrestation sous la pression des pêcheurs

Selon la militante, les interpellations ont été encouragées par la pression des pêcheurs. En effet, la gendarmerie a reçu de nombreuses plaintes de leur part. La présidente affirme que « le parquet des Sables-d’Olonne porte une oreille attentive à leurs revendications ». Face à ces propos, l’institution judiciaire a répliqué que « le parquet ne fait que rappeler la loi en vigueur qui s’applique à tous ». Pour le moment, la présidente n’envisage aucune procédure judiciaire.

Par ailleurs, le parquet des Sables-d’Olonne a révélé qu’un représentant de l’association avait été convoqué avec son avocat « pour être entendu en audition libre sur les délits de détention et transport d’espèce animale ».

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La Vendée, une zone rouge d’échouage

Sea Shepherd porte une attention particulière à la Vendée, car elle considère que c’est une zone rouge en matière d’échouage. Selon elle, plus de 11 300 dauphins meurent par capture accidentelle sur les côtes atlantiques françaises. Elle appelle à la transparence sur les méthodes de pêche et à la déclaration des factures. Pour l’instant, la pêche intensive continue dans la zone. La pratique ne fait toujours l’objet d’aucune réglementation relative aux conditions des dauphins.