Emmanuel Macron annonce sa volonté de protéger le Mont-Blanc

Le président de la République veut imprimer un caractère résolument écologique à son quinquennat. Il a profité du Conseil de défense écologique du mercredi 12 février 2020 pour faire part de ses ambitions. Les mesures sont censées rétablir l’ordre et la biodiversité dans le massif du Mont-Blanc.

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Le massif menacé par les incivilités et la surfréquentation

L’écosystème du Mont-Blanc est aujourd’hui mis en danger à cause de l’imprudence des visiteurs et de la fréquentation abusive du massif, selon un quotidien régional. En effet, l’irrespect de la réglementation du site devient de plus en plus flagrant. Certains touristes atterrissent en avion afin de n’escalader que les derniers mètres. D’autres y ont monté un rameur sans pouvoir le redescendre. Plus de 20 000 visiteurs éprouvent un malin plaisir à négliger les normes de sécurité.

De plus, la Mer de Glace fond à une vitesse impressionnante. Face à ces problèmes, le président étudie une série de mesures compatibles avec la fréquentation et l’activité touristique de la région. Selon lui, « Si le Mont-Blanc n’est plus le Mont-Blanc », le charme de la région se perdra et le secteur touristique s’effondrera. Le chef d’État souligne l’importance de mettre en place des interdits et d’utiliser une police environnementale. Le président a ensuite poursuivi sa route vers les Alpes afin de constater par lui-même l’ampleur de la crise climatique. Au terme de la visite du Mont-Blanc, il continuera sa traversée vers Chamonix. Il y annoncera les actions de préservation de la biodiversité et des aires protégées. Il révélera également les programmes de réduction de l’artificialisation des sols.

Soutenir les aires protégées

Le 4e Conseil de défense écologique du quinquennat a pour mission de confirmer l’augmentation des aires protégées. De 22 % à l’heure actuelle, leur superficie s’étendra à 30 %. Les surfaces supplémentaires seront classées en parcs nationaux, en parcs naturels régionaux et en réserves naturelles. Le Mont-Blanc culminant à 4 809 m bénéficiera d’un arrêté préfectoral de protection naturelle. Ce dernier sera doublé de règles sur la fréquentation des touristes en période estivale.

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Cet intérêt présidentiel croissant à l’égard du massif s’explique notamment par la lettre de Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais en septembre 2019. Le contenu mentionnait que « s’occuper des forêts en Amazonie, c’est bien, mais ignorer le Mont-Blanc n’est pas tolérable ».

Limiter la pollution à la vallée de l’Arve

Durant la soirée du mercredi, le président était accompagné de la ministre de la Transition écologique et de la secrétaire d’État. Les 3 acteurs politiques ont profité d’un dîner dans un refuge pour discuter de l’impact de la crise climatique sur la biodiversité des Alpes. Les échanges ont été animés par des experts du terrain, en l’occurrence Bernard Chevassus-au-Louis, Jean Jouzel et Camille Parmesan.

Le président a ensuite été interpellé par les associations locales concernant les problèmes de qualité de l’air dans la vallée de l’Arve. Rappelons que cette zone demeure un lieu de passage fréquent des poids lourds. Il a admis son incapacité à arrêter la circulation des camions. Cependant, il a insisté sur la perspective d’une politique européenne de renouvellement du parc en plus d’une taxation des vieux poids lourds pollueurs.

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Le président très ambitieux

Emmanuel Macron a profité de l’engouement médiatique pour clarifier certains points. Concernant la filière nucléaire, il prévoit une fabrication de l’électricité d’une manière totalement décarbonée. Il sous-entend un amenuisement du poids du nucléaire au profit des énergies renouvelables. Quant à la conférence citoyenne pour l’environnement, le chef d’État attend des recommandations larges, des projets de loi ou des textes concrets. Ces suggestions seront ensuite soumises à un référendum, au législateur ou serviront de source d’inspiration d’actions gouvernementales.