En quoi les compteurs Linky sont-ils discutables ?

Depuis le début de l’installation des compteurs Linky en 2015, dispositif de comptage censé faciliter la vie des foyers français, ceux-ci génèrent beaucoup d’inquiétudes. Certaines se rapportent à des questions relatives à la protection de la vie privée et le risque d’incendie. Ainsi, les objections sont nombreuses et de nombreux foyers s’opposent à la mise en place de ce compteur d’Enedis dans leur domicile.

Pub

Le manque de protection des données personnelles

La polémique sur le boîtier vert ne cesse de croître, notamment sur le non-respect de la vie privée. Certains usagers pensent que les informations personnelles collectées par le compteur permettent de connaître les heures de coucher des occupants, le nombre de personnes présentes dans le foyer ainsi que leurs périodes d’absence.

La mise en demeure par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) des groupes d’énergie EDF et Engie en raison « du non-respect de certaines exigences relatives au recueil du consentement à la collecte des données de consommation issues des compteurs communicants Linky », en février 2020 ravive cette méfiance.

L’autorité administrative pointe également du doigt la durée de conservation des données en la jugeant « excessive ». Ainsi, le gendarme français de la protection des données a donné trois mois aux deux entreprises pour changer et régulariser la manière dont ils gèrent la collecte d’informations personnelles des consommateurs par les compteurs Linky.

L’exposition aux ondes électromagnétiques

Certains détracteurs accusent ces compteurs de nouvelle génération d’émettre des ondes électromagnétiques nocives pour la santé malgré les explications de l’agence nationale des fréquences (ANFR). Celle-ci a en effet assuré que les ondes émises par ces compteurs communicants sont de 25 à 37 fois inférieures au plafond légal.

Autre point épineux, la technologie dite CPL ou «  courant porteur en ligne » utilisée par les compteurs pour transmettre des informations sans câble est pointée du doigt par les anti-Linky.

D’après le rapport d’expertise publié par l’Anses, le compteur communicant émet un champ magnétique de très faible niveau. La quantité maximale émise est de 0,26 microtesla (µT), soit 24 fois moins que la valeur limite d’exposition réglementaire de 6,25 µT. Le rayonnement électrique est de 3,9 V/m à 20 cm du compteur alors que la limite réglementaire est de 87 V/m.

Pub

Les risques d’incendie

Troisième problème pointé du doigt par les anti-Linky, les compteurs communicants déclenchent des incendies. En 2018, à Châlette-sur-Loing, dans le Loiret, un boîtier vert installé depuis une quinzaine de jours avait explosé et provoqué un incendie.

En novembre 2019, le feu a ravagé un immeuble au nord de Bordeaux et un autre compteur mis en cause. Un locataire a affirmé que l’incendie a été provoqué par un compteur Linky.

Les compteurs d’Enedis ne présentent selon elle « aucun défaut pouvant provoquer un incendie. Le matériel a subi de nombreux tests auprès des constructeurs et dans notre laboratoire. Il faut rappeler que le risque d’incendie peut exister pour tout matériel ou installation électrique ».

L’installation d’un compteur Linky est obligatoire dans les foyers français

Ces nombreuses raisons emmènent plusieurs clients à s’opposer à l’installation du compteur. Or, on peut lire sur le site de l’Assemblée nationale : « Dans le cadre de son contrat unique ou de son contrat avec le gestionnaire du réseau, le client s’engage à permettre l’accès au compteur pour le gestionnaire de réseau ».

Cela signifie que le client donne libre accès de son compteur au distributeur Enedis afin que celui-ci puisse effectuer l’installation du boîtier. En pratique, le refus du remplacement d’un compteur est accepté dans le cas où le boîtier se trouverait à l’intérieur du domicile, et ce, au nom du droit à la propriété.

Pub

Les collectifs anti-Linky ont saisi la justice pour qu’elle étende cette restriction à tous les compteurs, quels que soient leurs emplacements. Mais jusqu’ici, aucune action n’a abouti.