Greenpeace attaque le gouvernement français pour inaction climatique

En décembre 2019, la nouvelle Commission européenne a lancé le « pacte vert », une première démarche pour atteindre les objectifs écologiques fixés dans l’accord de Paris de 2015. Malgré cette mobilisation, les ONG et les citoyens européens restent sur leur faim. Pour manifester leur mécontentement, ils ont envoyé plusieurs recours à l’encontre des pays européens. Sont principalement concernés la France, les Pays-Bas et l’Allemagne ainsi que l’UE dans son ensemble.

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Inaction climatique de la France

L’État français a été assigné en justice pour cause d’inaction climatique. Quatre ONG portent l’initiative, à savoir :

  • Oxfam France
  • Notre affaire à tous
  • la Fondation Nicolas Hulot
  • Greenpeace

Le recours est le résultat d’une pétition lancée le 18 septembre 2018 qui a récolté 3 millions de signatures. Les ONG font observer que les objectifs français sont quasiment inatteignables au regard des politiques environnementales. Elles pointent du doigt les stratégies écologiques infructueuses de l’État français ainsi que leurs conséquences sur la vie des citoyens. Pour justifier leurs propos, ces associations soutiennent que la politique de neutralité carbone de la France ne pourrait se concrétiser qu’en 2093 et non en 2050.

Face à ces attaques, le Premier ministre est resté sur la défensive concernant le bilan du gouvernement. Aussi, les ONG sont-elles en pleine phase de préparation du procès, et appellent à l’action immédiate. L’association Notre Affaire à Tous incite à la mise en place d’une fiscalité verte, d’un développement des énergies renouvelables et de l’interdiction des actions climaticides des entreprises.

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Les Pays-Bas, premier état européen sur le banc des condamnés

Les Pays-Bas se trouvent au premier plan dans le recours en justice. Ce pays fait face à l’accusation, portée notamment par l’ONG environnementale Urgenda, de rester de glace face au changement climatique. Rappelons que cette association profite d’un soutien considérable de milliers de Néerlandais. Face à cette pression, l’État a dû se soumettre aux exigences et réduire ses émissions de CO2 à au moins 25 % pour 2020. Rappelons que le 20 décembre 2019, la Cour suprême des Pays-Bas a confirmé la décision d’une juridiction ordinaire qui condamne le pays pour son absence de politique environnementale dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique. Les citoyens néerlandais se disent prêts à se priver de certains droits fondamentaux pour la cause écologique, à l’heure où la montée du niveau de la mer menace l’existence même de leur pays.

Le recours contre l’Allemagne

En ce qui concerne l’Allemagne, Greenpeace et 3 agriculteurs allemands ont lancé un recours contre le gouvernement fédéral. La cour administrative de Berlin l’a pourtant rejeté en fin octobre 2019. Les associations, dont des représentants du mouvement écologiste Fridays For Future, tentent maintenant une autre stratégie en saisissant la cour constitutionnelle fédérale qui est la plus haute instance judiciaire du pays. Les activistes déclarent que la loi nouvellement approuvée en décembre 2019 est insuffisante. Pour renforcer leur protestation, ils soulignent que l’inaction gouvernementale relève de la violation des droits fondamentaux des citoyens. Pour l’heure, la cour n’a encore rendu aucune décision.

Une première action citoyenne à l’encontre de l’Union européenne

L’Union européenne a également enregistré sa première action citoyenne. En effet, 11 familles ont déposé devant la Cour de justice de l’Union européenne un recours contre le Parlement et le Conseil européen. Ces familles pensent en effet que les nouvelles législations climatiques de l’UE ne peuvent parvenir à l’objectif de limitation de GES d’ici 2030. De plus, ils estiment que l’indifférence gouvernementale mène à la perte de leur pays.

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Ces familles regroupent des citoyens issus des pays de l’UE, du Kenya et des Fidji. La Cour de justice de l’Union européenne est en ce moment en train d’étudier le dossier.