Greenpeace contre le biocarburant dérivé d’huile de palme

L’huile de palme importée à la raffinerie de la Mède est l’objet d’une troisième attaque. Pour cette fois, c’est Greenpeace qui en est l’auteur. L’ONG alerte les acteurs sur les conséquences désastreuses de la matière première ainsi que l’avantage fiscal pour son importation qui profite à Total.

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Un recours déposé devant le Conseil d’État

L’ONG Greenpeace a déposé un recours devant le Conseil d’État concernant l’avantage fiscal des acides gras de palme. Ce produit est importé par Total pour approvisionner sa raffinerie de la Mède en vue de sa conservation. L’association dénonce une note des douanes qui octroie une taxation avantageuse de la matière première. Cette note se positionne au détriment du retrait des produits à base d’huile de palme, retrait pourtant inscrit dans la loi. Selon l’ONG, la taxation génère un impact majeur sur la rentabilité de la raffinerie de Total de la Mède.

Rappelons que 2 autres associations : Canopée et les Amis de la terre ont déjà déposé un recours sur le même sujet le 24 janvier 2020. Malheureusement, la requête s’est soldée par une fin de non-recevoir. Cette troisième tentative est perçue comme un renforcement de l’appel à l’action. Les 3 défenseurs de l’environnement s’attelleront à un renforcement de leur demande avant l’été 2020. Ces associations dénoncent la déforestation excessive due à la culture du palmier à huile en Indonésie et en Malaisie. Elles voient d’un mauvais œil l’avantage fiscal de la firme même si c’est pour la production de biocarburant.

Une note des douanes laxiste

En novembre 2019, l’Assemblée nationale avait refusé d’accorder un avantage fiscal à l’huile de palme pour les biocarburants. La décision a été validée malgré l’opposition du gouvernement. L’importation du produit est décriée par les ONG environnementales à cause du désastre écologique qui en découle. Toutefois, une note des douanes est apparue le 19 décembre 2019 faisant état d’une niche fiscale maintenue pour les biocarburants dérivés d’un produit résiduel du raffinage d’huile de palme.

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Remise en cause de la bioraffinerie de La Mède

Total, le géant pétrolier de France se dit consterné face au recours. Cette initiative remet en cause la viabilité de sa bioraffinerie de la Mède, en Bouches-du-Rhône. Rappelons que celle-ci a ouvert ses portes en juillet 2019. La firme perçoit la mesure comme une menace à l’emploi. Selon Patrick Pouyanne, responsable chez Total, supprimer l’avantage fiscal pour les biocarburants revient à menacer la viabilité de l’unité, la rentabilité du site et le maintien de l’emploi. Il a affirmé en janvier 2020 que : « je ne fais pas de chantage à l’emploi, mais ce n’est pas parce que Total est riche qu’il a vocation à faire tourner des usines à perte ».

La raffinerie a subi une conversion en bioraffinerie afin de produire du biocarburant dérivé de l’huile de palme. L’entreprise d’envergure pense que son site traitera 650 000 tonnes de produits de bioraffinerie et devra donc importer 300 000 tonnes d’huile de palme certifiée et durable.

Les conséquences de l’huile de palme pour l’environnement

Greenpeace ne cesse de marteler l’impact écologique de l’huile de palme. Les agrocarburants libèrent 3 fois plus de gaz à effet de serre que les carburants traditionnels. La pollution massive s’explique notamment par leur mode de production et leur importation. De plus, les forêts primaires de la Malaisie et de l’Indonésie se raréfient, alors qu’elles représentent une grande valeur écologique irremplaçable. La production d’huile de palme provoque une extinction massive des orangs-outangs.

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L’ONG craint des conséquences irréversibles pour la biodiversité qui s’effondre déjà. Il faut rappeler que l’huile de palme est extraite des fruits du palmier à huile. L’extraction s’opère par la méthode de pression à chaud. Cette huile occupe 25 % de la consommation d’huile dans le monde.