Greenpeace exige l’arrêt des aides publiques à l’agriculture industrielle

Dans le cadre de la transition écologique, l’agriculture occupe une place fondamentale. Elle est déterminante pour le succès ou pour l’échec de la sobriété écologique. Cependant, la trajectoire actuelle annonce une régression de la PAC au détriment de l’environnement.

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Une demande de la Confédération paysanne et des ONG

Le syndicat agricole Confédération paysanne, 2 syndicats d’enseignants et de salariés ainsi que les ONG telles qu’Oxfam, Greenpeace et Les Amis de la Terre se sont mobilisés. Leur objectif : demander l’arrêt des aides publiques à l’agriculture industrielle dans le but de bâtir « une transition sociale et écologique de l’agriculture ». Ils ont fait part de leur demande par un communiqué commun à 7 organisations. Ils condamnent notamment le « piège tendu par l’agro-industrie » ainsi que les « politiques mises en place depuis 50 ans ». Ce collectif exige une réorientation des crédits. La demande s’est opérée le dimanche 23 février 2020. Selon les associations, le soutien au profit de l’agriculture industrielle n’a pas lieu d’être.

Revendication d’une politique ambitieuse

Le collectif réclame en outre une politique ambitieuse en vue d’accompagner les paysans et les paysannes dans le cadre de la transition agricole et alimentaire. Cet appui devra commencer par la PAC (Politique agricole commune) ainsi que l’enseignement agricole. Les principales exigences sont mentionnées dans un document signé par :

  • Nicolas Girod : agriculteur et porte-parole du syndicat Confédération paysanne
  • Jean-Marie le Boiteux : secrétaire général du SNETAP-FSU
  • Cécile Duflot : directrice générale d’Oxfam France
  • Khaled Gaiji : président des Amis de la Terre
  • Jean-François Juilliard : directeur général de Greenpeace
  • Éric Beynel : porte-parole de Solidaires
  • Aurélie Trouvé : porte-parole d’Attac

Le « projet de société » dépend de l’agriculture paysanne, de la souveraineté alimentaire des territoires et de la présence de paysans et non la concentration des exploitations à l’œuvre, martèlent les ONG.

ImPACtons, le débat européen

La demande apparaît au moment du lancement d’un débat national baptisé : « ImPACtons ». Cette discussion sera sous le pilotage de la vice-présidente de la Commission nationale du débat public, docteur en géographie urbaine et maîtresse de conférences à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, Ilaria Casillo. Elle durera 3 mois afin de dégager les orientations budgétaires de la PAC, initiative lancée par l’UE.

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Une agriculture conforme aux enjeux

3 acteurs politiques (un ancien député européen et 2 députés européens écologistes) appellent à une mobilisation gouvernementale afin de réformer la PAC. En effet, Yannick Jadot, José Bové et Benoît Biteau demandent une agriculture responsable. Les 3 politiciens estiment que les pratiques agricoles posent problème à l’heure actuelle, alors qu’elles devraient être « une solution ».

Ils demandent l’abolition de l’agriculture intensive. Les députés ont rappelé l’annonce d’un grand plan de verdissement de l’économie au profit du climat de la part de la Commission européenne. Cependant, les grands acteurs ont adopté une stratégie de la « fourche à la fourchette », selon eux. La PAC a donné libre cours à une pratique agricole nocive et pollueuse. Les 3 députés pensent qu’elle doit être l’image du renouveau. Ils soulignent le décalage entre les ambitions et la réalité, car les acteurs renationalisent le budget et proposent des objectifs environnementaux flous.

Un plafonnement des aides

Ils réclament un plafonnement des aides afin que les 80 % des fonds publics servent l’intérêt environnemental et non l’intérêt personnel. Ils réclament des objectifs européens concrets et réalisables. Les députés exigent une politique ponctuelle de sauvegarde du climat, de la qualité des eaux et des sols, de la biodiversité et du bien-être animal.

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Les 3 députés appellent à une mobilisation du ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, à l’occasion du débat sur les plans stratégies de la PAC durant le grand salon de l’agriculture.