Hausse probable de 40 % de la production de plastique à l’horizon 2030

Cela fait plus d’une dizaine d’années que l’industrie de la pétrochimie a réalisé des investissements considérables dans les établissements industriels produisant du plastique. Si une somme de 200 milliards de dollars a déjà été décaissée, elle compte investir davantage, à raison de 100 milliards de dollars de plus. Conclusion : la production du plastique sera revue à la hausse d’ici 2020, et ce, de 40 %. Plus de détails sur le sujet.

Pub

L’augmentation de la production du plastique : une réalité imminente et horrifiante

Il y a deux décennies de cela, les répercussions de la production de plastique sur le climat étaient encore minimes. À l’heure actuelle, elles sont gravissimes: le traitement et la fabrication du plastique nécessitent environ 14 % de l’ensemble du gaz et du pétrole dans le monde.

Dans le cas où l’usage du plastique ne cesserait d’augmenter, et ce, à la même cadence qu’auparavant, à l’horizon 2030, l’implication du plastique en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre pourrait aller jusqu’à 1,34 Gigatonne tous les ans. Ce qui équivaut à l’émission générée par 300 usines à charbon.

D’après l’Agence internationale de l’énergie, le plastique pourrait accaparer 15 % du budget carbone sur une année. Cette industrie pourrait de ce fait être comparée au 5ème pays qui émet le plus de gaz à effet de serre dans le globe.

Elle émettrait ainsi plus que le Royaume-Uni ou l’Allemagne, et deux fois plus que la totalité des pays d’Afrique réunis. Aussi, son émission de gaz à effet de serre serait identique à celle de l’aviation et du transport maritime.

Des déchets plastiques rejetés dans la mer et non recyclés

En 2019, il a été constaté que la demande en plastique s’est amplifiée de 3,5 %. 16 % de cette demande provient en majeure partie du continent asiatique. Et près d’un tiers du plastique a été destiné à la fabrication de produits à usage unique, et seulement 10 %, voire moins, sont soumis au recyclage.

Pub

La part restante n’a pas été collectée, a été brûlée au sein des incinérateurs, ou a fini dans les décharges. C’est ainsi qu’environ 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les mers et dans les rivières.

D’après des recherches entreprises par des spécialistes de l’université de Dalhousie au Canada, 1,8 million de déchets sont entreposés dans les profondeurs de la mer, entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, dans la baie de Fundy. 50 % de ces déchets sont composés de fragments de plastiques, et le reste comprend des équipements de pêche, des câbles…

Le WWF estime quant à lui que 570 000 tonnes de plastique sont rejetées tous les ans dans la Méditerranée, soit 33 800 bouteilles en plastique toutes les minutes.

Des actions drastiques doivent absolument être entreprises

Eu égard à cette pollution plus que colossale, l’Union européenne a adopté certaines mesures pour que tous les emballages plastiques soient recyclables ou prêts à être réemployés à l’horizon 2030. Elle songe aussi à faire en sorte que d’ici 2025, 90 % des bouteilles en plastique passent au recyclage.

Des engagements ont été pris par certains pays du continent asiatique, où les littoraux sont grandement pollués. Le Pérou et l’Inde se mobilisent également afin de supprimer la totalité des plastiques à emploi unique d’ici deux ans. De leur côté, les Maldives ont affirmé qu’elles élimineraient petit à petit l’usage de tous les plastiques non biodégradables. Pour sa part, la France a déjà pris les devants en interdisant plusieurs produits plastiques à emploi unique.

Pub

Bref, sans intervention de la part des acteurs majeurs de l’industrie du plastique, mais également de toute la population, cette situation ne peut que s’aggraver. De surcroît, les solutions déjà mises en œuvre vers la marche pour lutter contre la crise climatique resteraient lettre morte.