Hécatombe de dauphins dans le Golfe de Gascogne, Sea Shepherd intensifie les mesures

Durant les 15 et 16 février 2020, l’observatoire Pelagis a enregistré plusieurs morts de cétacés sur les plages vendéennes. Les victimes font environ 1 m 90 et pèsent de 70 à 80 kg. Les cadavres échoués ont été signalés par des promeneurs et pris en charge par les services des communes.

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Échouage de plus de 600 cétacés sur les côtes françaises

Depuis le 1er janvier 2020, plus de 600 cétacés, dont plusieurs dauphins sont morts au large des côtes du Golfe de Gascogne. Le 1er janvier 2019, les autorités locales avaient recensé un échouage de près de 470 cétacés. La majorité des cadavres révèlent des traces de capture accidentelle des filets des bateaux de pêche, selon Éléonore Meheust, un ingénieur d’étude de Pelagis. Elle déclare que « le vent pousse les corps vers la côte et rend visible cette mortalité ».

L’association a déjà suggéré des solutions contre ce problème : installer des caméras sur les ponts des navires de pêche afin d’identifier les auteurs, d’après le membre Damien Chaumillon.

Usage de répulsifs à cétacés

Face à l’accusation de Sea Shepherd, les pêcheurs ont déclaré s’être mobilisés contre la capture involontaire de cétacés. En outre, 15 paires de chalutiers pélagiques qui opèrent autour du golfe de Gascogne sont dotées de « pingers », un répulsif à cétacé censé effrayer les dauphins. D’après Pelagis, la mesure a réduit à 65 % les captures.

À l’heure actuelle, des pingers sont en phase de tests sur 400 fileyeurs. Ces derniers pêchent régulièrement sur des milliers de kilomètres de la zone. Les dispositifs sont mis en œuvre dès la mise à l’eau des filets. Le test définit le lien entre les pingers et les dauphins. Toutefois, Lamya Essemlali (présidente de l’association Sea Shepherd) qualifie l’outil de simple élément de langage. Afin de renforcer cette mesure, l’ONG est en mission de surveillance sur les activités de pêches dans le golfe. Le contrôle vise à alerter l’opinion et à bannir les méthodes de pêche destructrices et non sélectives.

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Sea Sheperd prendra « des mesures plus contraignantes »

Fin janvier 2020, la vidéo de marins-pêcheurs en train de découper un dauphin avant de le consommer a fait le tour du monde. Lamya Essemlali souligne ici l’utilité des caméras à bord des bateaux afin de collecter des données fiables. Cette suggestion cependant, a essuyé à maintes reprises une fin de non recevoir, d’après Perrine Ducloy, chargée de mission sur les captures accidentelles auprès du CNPMEM (Comité national des pêches maritimes et des élevages marins).

Quant à l’observatoire, ses mesures consistent à multiplier les vols de reconnaissance dans le golfe afin d’identifier la répartition des cétacés. Les petits se rassemblent près des côtes, à la recherche de nourriture. Pourtant, ces zones sont à risques, car elles concentrent les points d’activité des pêcheurs. Les associations appellent à la mise en place de mesures gouvernementales.

2019, année record du nombre d’échouages

La façade atlantique s’est habituée à voir des échouages de cétacés par centaines depuis 2019. Cette année est malheureusement une année record. Selon Pelagis, de janvier à avril  2019, 1 231 cétacés dont 1 066 dauphins, ont trouvé la mort. Sea Sheperd présente un bilan plus lourd avec 11 500 individus et souligne que ce nombre ne représente même pas la moitié, car 80 % des dauphins morts s’abîment dans les profondeurs de l’océan.

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La pêche intensive mise en cause

La technique appelée le chalut pélagique est pointée du doigt comme étant le principal responsable de cette hécatombe. La méthode très utilisée en France se résume à traîner un large filet dans les fonds des eaux afin de capturer des poissons ciblés. C’est pourquoi les cétacés sont accidentellement captés, d’après l’Ifremer ou Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Les victimes meurent de noyade ou de blessures graves.