La France encourt un risque d’artificialisation des sols à 44 % d’ici 2050

Depuis 1981, l’artificialisation a gagné 70 % des terres. L’artificialisation a pourtant un impact grandissant sur l’environnement et la biodiversité. Recyclage foncier, hausse de la densité du bâti… l’identification des mesures est connue, mais leur réalisation reste en attente.

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L’objectif zéro artificialisation des sols impossible à atteindre

À l’heure actuelle, l’artificialisation des sols est en plein essor. D’après France Stratégie, un organisme d’étude rattaché au Premier ministre, les terres artificialisées ont atteint 70 %. Cet accroissement semble en contradiction avec la faible hausse de 19 % de la population. Cette situation alarmante a motivé le gouvernement à établir un objectif zéro artificialisation nette en 30 ans. Cette stratégie nationale est en attente de publication en mi-février. Dans cette optique, le Conseil général au développement durable ou CGDD a dévoilé une étude sur les mesures à entreprendre.

L’enquête s’est soldée par quelques scénarios possibles. L’un d’entre eux fait état d’une baisse de l’artificialisation des sols à 46 % d’ici 2050. Pour y parvenir, le CGDD préconise plusieurs actions :

  • Une baisse de 6 à 8 % dans 10 ans sur les biens inoccupés dans le parc immobilier
  • Un taux de renouvellement urbain de 42 % à 70 % entre 2015 à 2050
  • Une hausse de la densité du bâti (autrement dit, bâtir sur plusieurs niveaux) de 0,15 à 0,45 en 2050.

Perte d’un quart de la surface agricole française en 50 ans

Selon l’organisme, l’atteinte de l’objectif repose en grande partie sur les efforts du secteur de la construction. En effet, cette filière peut favoriser la renaturation des surfaces artificialisées. Toutefois, l’inaction gouvernementale risque de développer la bétonisation jusqu’à 44 % d’ici 2050. Le fléau avait diminué pendant 7 années avant de subir une hausse considérable en 2017. C’est ainsi que le pays a perdu plus d’un quart de sa surface cultivable en 50 ans. Le Président de la République a confirmé ce tableau en mars 2019 lors du Salon de l’Agriculture.

Une progression significative, mais parfaitement injustifiée de l’artificialisation des sols est la cause de ce phénomène, selon l’Institut du développement durable et des relations internationales ou Iddri. En dix 10 ans, les terres artificialisées se sont étendues à 13 % alors que la croissance du PIB était de 6 % et la croissance démographie de 5 %.

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Les zones d’activité et l’habitat responsables de l’artificialisation excessive

L’évolution du mode de vie de la population française constitue la principale cause de cette hausse. En effet, les familles se forment, se multiplient et recherchent de nouveaux espaces à occuper. Les ménages choisissent les maisons individuelles. Cependant, ce genre d’habitation peut s’étaler sur un hectare. Si les familles aisées s’offrent des maisons secondaires, les collectivités sont également responsables.

D’après Alice Colsaet, les collectivités veulent créer une dynamique en consommant davantage d’espaces. La concurrence avec la collectivité voisine les incite à construire des zones d’activités : les nouveaux logements, les réseaux routiers et les complexes commerciaux sont légion. Tous contribuent à l’artificialisation des terres.

Réduire les terres agricoles devient une problématique alimentaire

Les estimations de l’Iddri montrent une artificialisation du territoire français à 18 % d’ici la fin du siècle si aucun changement ne s’opère. Aujourd’hui, le pays compte 9,7 % de terres bétonnées. Un tel phénomène engendrerait des conséquences graves :

  • Une perte d’autonomie alimentaire dans le pays malgré la croissance démographique
  • Une aggravation du réchauffement climatique

Il faut rappeler que les terres agricoles contribuent à la lutte contre le dérèglement du climat, car elles peuvent capter le carbone et l’eau qui recharge les nappes phréatiques.

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Le président des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) Emmanuel Hyest estime que les terres agricoles sont des « surfaces intouchables », tout comme les forêts. Pour revenir au naturel, le président de la République impose un programme dans son Plan biodiversité. Il exige une déconstruction des zones vacantes et des parkings surdimensionnés.