La France priorise l’éolien marin au détriment du terrestre

La nouvelle version de la programmation pluriannuelle de l’énergie ou PPE représente la feuille de route énergétique de la France d’ici à 2028. Sur cette feuille, l’éolien en mer obtient clairement la priorité au détriment de l’éolien terrestre. Voici les ajustements relevés sur ce document.

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Les changements apportés à la nouvelle version de la PPE

La nouvelle PPE ne présente aucun changement majeur par rapport à la version précédente. Quelques ajustements lui ont cependant été apportés.

Une ambition plus prononcée en faveur de l’éolien sur mer a de ce fait, été particulièrement observée. L’engouement pour l’éolien sur terre a quant à lui, connu une certaine régression en faveur de celui marin.

Quant aux objectifs de développement des centrales solaires, ils n’ont connu aucun changement notable. Les objectifs concernant l’autoconsommation ont cependant, connu un regain concret.

Rappelons que cette nouvelle version de la PPE est encore ouverte à la consultation publique jusqu’à ce 19 février 2020. Toutefois, d’après les professionnels de ce domaine, aucune évolution majeure ne devrait lui être apportée, quels que soient les résultats de cette consultation.

Les ambitions étatiques concernant l’éolien marin

Les principales réclamations des professionnels des énergies vertes concernant la précédente version de la PPE portaient sur l’insuffisance des objectifs liés à l’éolien marin. La Fédération France Énergie éolienne déplorait ce qu’elle qualifiait à l’époque de « sabordage » du déploiement de l’éolien en mer.

La résorption de ce souci passe selon l’État, par une révision à la hausse de ses objectifs concernant l’éolien marin. La France envisage ainsi le déploiement d’une capacité éolienne marine de 5,2 à 6,2 GW si la précédente ne tablait que sur 4,7 à 5,2 GW. Cette dernière version espère aussi que le nombre d’appels d’offres sur la période qui va de 2021 à 2022 s’engagera sur une courbe ascendante.

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Ces faits garantiront aux acteurs qui œuvrent dans ce secteur une certaine constance en matière de débouchés.

Deux appels d’offres d’éolien en Méditerranée

Si la PPE pensait obtenir un appel d’offres d’éolien en Méditerranée, elle peut cette fois-ci espérer en espérer deux, dixit Jean-Louis Bal du Syndicat des énergies renouvelables. La période qui court de 2021 à 2022 laisse également espérer des appels d’offres supplémentaires. Cette augmentation permettrait l’installation d’un parc d’un gigawatt au large de l’île d’Oléron, aux environs de La Rochelle.

Si France Énergie éolienne pense que cette feuille de route énergétique est particulièrement décevante si l’on se positionne du côté de la compétitivité de cette filière énergétique, elle ne tournera cependant pas le dos au gouvernement et compte lui prêter main-forte pour assurer le respect de ce calendrier.

Une régression de la consommation d’énergie

Le gouvernement a accepté de revoir ses ambitions à la baisse concernant le développement du domaine de l’éolien terrestre. Un objectif de 34 à 35 gigawatts pour 2028 ramené de 33 à 34 gigawatts, ne représente certes pas une catastrophe, mais un préjudice de proportions plus acceptables.

Le rythme annuel d’installation des nouvelles éoliennes terrestres sera d’environ 1,6 GW. La dernière version de la PPE demande à ce que ce rythme soit accéléré à 1,8 GW d’ici 2028. Une diminution de la quantité d’énergie consommée est donc espérée pour 2028 en comparaison avec celle de  2012. La réduction souhaitée est ainsi de 16,5 % contre les 14 % prévus dans la précédente version de la PPE.

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Anne Brigault, la présidente du Réseau action climat pense cependant que des mesures complémentaires sont nécessaires pour que les objectifs cités soient atteints. L’État quant à lui, veut se baser sur les résultats attendus de la consultation publique avant de décider des mesures définitives d’économies d’énergie.