La médecine générale au service de l’environnement

En 2019, la France compte plus de 100 000 médecins généralistes. La majorité de ces praticiens a placé les questions environnementales au sein de son diagnostic. De cette manière, elle identifie le problème à la source et accorde ses prescriptions en fonction du contexte du patient.

Pub

L’impact du réchauffement climatique sur la santé

Le réchauffement climatique et la pollution ont un impact sur la santé de la population. C’est pourquoi la médecine généraliste s’intéresse davantage à l’environnement de leur patient. Un assainissement de l’écosystème pour prévenir l’apparition de maladies, tel est leur objectif. Ainsi, le magazine spécialisé Le Généraliste a entamé une enquête en décembre 2019. Sur les 150 praticiens interrogés, 86 % ont répondu être de plus en plus préoccupés par les questions d’ordre écologique en relation avec la santé publique.

Le diagnostic du patient se concentre sur son environnement

Selon le co-fondateur et vice-président de l’association SERA (Santé Environnement Rhône-Alpes), le médecin est dans l’obligation d’enquêter sur la qualité de l’environnement de son patient. En outre, le praticien doit interroger : la qualité de l’eau desservie et la qualité des aliments consommés. Ces interrogations visent à identifier la source de la maladie ou de l’infection. Le médecin peut également préconiser des mesures environnementales afin de réduire les pollutions et donc l’aggravation de la maladie.

Cette pratique est déjà adoptée par le médecin généraliste et secrétaire général adjoint du syndicat ReAGJIR, le docteur Clément Menigoz. En effet, au cours de ses consultations, il adapte les prescriptions en fonction de l’environnement. À titre d’exemple, un patient souffrant de troubles respiratoires doit éviter certaines zones urbaines à certaines heures afin de fuir les gaz d’échappement. Ce genre de diagnostic permet d’établir un profit complet du patient (son nom, son âge, sa situation, son domicile…).

Les médecins généralistes face à un manque de connaissances

Toutefois, les médecins généralistes font face à un manque de connaissances dans certains dossiers. En effet, certains types de pollutions et phénomènes restent peu connus des praticiens. Il s’agit entre autres des micros particules, des perturbateurs endocriniens et des évènements industriels. Malgré les récentes études qui démontrent leur niveau de risque, il est encore difficile pour un généraliste de traiter ce genre de cas. De plus, les données disponibles sont insuffisantes pour proposer des recommandations environnementales.

Pub

Les zones d’ombres qui planent sur certaines pollutions résultent d’un manque de formation dans les écoles de médecine, d’après l’éco-infirmier Philippe Perrin. Ce dernier est responsable de l’Institut de formation en santé environnementale (Ifsen). Le directeur estime que la thématique environnementale n’est pas suffisamment abordée dans les formations. Certes, il existe des programmes spécialisés dans l’écologie, cependant, ils ne sont suivis que par les individus les plus sensibles à l’écosystème.

L’intérêt des patients à l’égard des problématiques écologiques

Les patients, en raison de la prise de conscience collective, s’inquiètent de la qualité de l’environnement. D’après plusieurs enquêtes réalisées en 2019, la dégradation de l’écosystème constitue la principale préoccupation des Européens et des Français. Au cours d’une consultation, un patient sur 2 questionne toujours son médecin sur :

  • L’intérêt de la nourriture bio
  • Les aliments à privilégier
  • L’eau à consommer
  • Les méthodes de réduction de la pollution de l’air
  • Les astuces pour atténuer l’allergie

Ce sont notamment les femmes enceintes et les parents de jeunes enfants qui réclament des explications. Les médecins généralistes ont également constaté un changement des habitudes alimentaires sur ces mêmes catégories d’individus.

Pub

Ce changement soudain est la manifestation du phénomène des 1 000 jours, selon Philippe Perrin. En effet, la période de fécondation jusqu’aux 2 ans et demi de l’enfant représente la période où l’exposition aux polluants est le plus élevée. Afin de prévenir les risques, certains parents préfèrent se tourner vers les méthodes écoresponsables.