La ministre de l’Écologie souhaite l’interdiction de l’usage non agricole des pesticides avant l’été

L’usage des pesticides figure parmi les sujets qui suscitent de nombreux débats. Pour parvenir à éradiquer les produits phytosanitaires, Elisabeth Borne veut interdire leur usage. Voici plus d’explication.

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Baisse de 70 % des pesticides à usage non agricole

La ministre de la Transition écologique et solidaire s’est donnée comme objectif d’interdire l’usage des pesticides non agricoles avant l’été 2020. Il faut noter que le gouvernement a déjà instauré une série de plans afin de réduire les produits phytosanitaires. Dans cette optique, la ministre a souligné que les usages non agricoles ont baissé de 70 %, ce qui facilitera la tâche.

Rappelons qu’une politique a déjà été élaborée en 2008 visant à réduire de 50 % l’utilisation des pesticides entre 2008 et 2018. Cependant, cette stratégie s’est soldée par un échec au regard de la hausse de leurs utilisations de 25 %. C’est pour « redonner souffle » à cette politique que la ministre veut instaurer cette nouvelle réglementation. Des mesures ont été mises en place pour les collectivités et les citoyens. Pour cette fois, Elisabeth Borne vise les espaces collectifs privés.

Hausse des ventes de pesticides en 2018

Après une baisse légère en 2017, l’usage des pesticides a connu une hausse globale de 21 % en 2018. C’est le constat des ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologiques dans un communiqué. Après cette publication, l’association des producteurs et des vendeurs de produits phytosanitaires confirme une hausse des ventes, mais de 8 % en 2018.

Selon le gouvernement, cette hausse s’explique par une appréhension des agriculteurs sur la hausse des taxes des produits phytosanitaires à partir du 1er janvier 2019. Cependant, l’argument n’a pas convaincu le président de Génération Futures et du réseau européen Pesticide Action Network François Veillerette. En effet, ce dernier estime que « les agriculteurs éprouvent aujourd’hui des difficultés financières » et qu’ils sont en manque de trésorerie. Selon ses propos, les agriculteurs n’ont pas été en mesure d’acheter autant de produits phytosanitaires.

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Quant à Éric Thirouin, secrétaire général adjoint de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles ou FNSEA, il pense qu’il est difficile de s’y retrouver entre les chiffres du gouvernement et celui des professionnels qui œuvrent dans le secteur. Dans tous les cas, la politique depuis 10 ans n’a engendré aucun résultat concluant, selon un tweet d’Elisabeth Borne.

Un appel à la réaction du gouvernement venant des écologistes

Les associations de protection environnementale sont consternées par la hausse de la vente des pesticides. Pour la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, ce constat est signe d’un échec flagrant de 10 années de politiques publiques successives. L’association sollicite le gouvernement pour mettre en place des mesures adéquates à l’encontre des utilisateurs de pesticides. Elle demande l’interdiction du glyphosate pour l’horizon 2021 (produit très utilisé par la SNCF).

Pour l’association Générations Futures, elle estime via son président François Veillerette, que le gouvernement a tout intérêt à « se donner les moyens » pour mettre en œuvre une agriculture durable loin des pesticides de synthèse.

Une interdiction depuis janvier 2019

Généralement, la loi qui interdit l’usage de produits chimiques a été effective depuis 2017. Cependant, cette réglementation concerne les collectivités qui veulent entretenir les espaces publics, comme les squares, les voiries, les parcs et les cimetières. Ainsi, les jardiniers et les particuliers ont remplacé les pesticides par d’autres produits durables depuis janvier 2019. Malgré ces changements, l’usage des pesticides a toujours été autorisé dans les espaces verts privés.

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Elisabeth Borne veut instaurer cette nouvelle réglementation pour interdire les produits phytosanitaires utilisés par les entreprises. Elle rajoute que les produits chimiques dangereux et pourtant en usage quotidien comme les bombes anti moustiques nécessitent des mesures spécifiques.