La pollution de l’air accroit le risque de crise cardiaque

L’infarctus du myocarde est causé par la destruction partielle du muscle cardiaque. Un tel dommage est le résultat de l’obstruction d’une artère censée alimenter le cœur en sang. L’organe manquant d’oxygène provoque ainsi des crises. La qualité de l’air conditionne ce phénomène.

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Les répercussions sanitaires de la pollution de l’air

D’un point de vue scientifique, la pollution de l’air rehausse la pression artérielle, augmente le risque d’asthme, de tumeur du cerveau et d’athérosclérose. À ces conséquences s’ajoute la fragilisation des os. Le danger est d’autant plus sérieux chez la femme enceinte et le fœtus. Selon la revue Environmental Health Perspectives, la pollution de l’air accentue le risque d’infarctus de myocarde, plus connu sous l’appellation de « crises cardiaques ». Il suffit de quelques heures d’exposition aux particules ultrafines courantes pour déclencher une crise. Certes, le danger n’est pas toujours mortel, mais il effraie.

À cause de leur taille infinitésimale, les particules ultrafines échappent aux filtres et s’introduisent aisément dans le système sanguin. Une première étude épidémiologique datée de 1990 a déjà démontré une relation de cause à effet entre les PUFs et la santé des asthmatiques, d’après Annette Peters (directrice de l’Institut d’épidémiologie du Centre Helmholtz de Munich en Allemagne). À cette époque, les preuves demeuraient discutables et insuffisantes pour confirmer le lien véritable. D’autres études ont également été menées, se concentrant davantage sur les paramètres d’exposition, les caractéristiques des particules et le taux de concentration en surface.

Les premières heures d’exposition sont fatales

Le professeur adjoint à l’école de santé publique de Yale aux États-Unis, Kai Chen, a mené sa propre étude en compagnie de collègues allemands venant du Centre Helmholtz, de l’hôpital universitaire d’Augsbourg et de l’hôpital de Nördlingen. L’enquête s’est focalisée sur les données d’un registre des infarctus non mortels entre 2005 et 2015 à Augsbourg. Les professionnels se sont penchés sur le cas de 5 898 patients. Le résultat prouve que les particules ultrafines propagées dans l’air sont responsables des maladies cardiaques graves. Il faut souligner que l’étude a pris en compte le statut socio-économique de chaque patient et la date de manifestation du phénomène.

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Toujours selon l’enquête, les premières heures d’exposition sont déterminantes pour la victime. Par ailleurs, Chen observe une nette avancée des procédures de recherche. En effet, cette compréhension constitue un indicateur de l’exposition aux particules et ses répercussions sanitaires. Pour les recherches à venir, les études se focaliseront davantage sur la pollution atmosphérique, les températures extrêmes et les populations les plus vulnérables à la menace.

Les victimes du dioxyde d’azote en France

En France, la pollution de l’air représente une préoccupation majeure sur la santé publique. Le 24 octobre 2019, la justice européenne a publié un rapport pointant du doigt le pays. Les reproches s’orientent vers le taux excessif d’émission de dioxyde d’azote depuis 2010. Rappelons que ce gaz provient des moteurs diesel. Un rapport de l’Agence européenne de l’environnement sur la qualité de l’air a recensé 7 500 décès annuels français liés au phénomène. À ces chiffres s’ajoutent 12 000 décès causés par un infarctus du myocarde.

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À titre d’avertissement, la justice européenne a imposé un délai de rattrapage pour réparer ce préjudice. Aussi, le gouvernement s’engage à remédier de manière durable à la pollution de l’air. Selon le ministère de la Transition écologique, la qualité de l’air est un « impératif de santé publique et environnementale ». En plus de la pollution atmosphérique, le tabagisme, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, le stress, l’obésité et le diabète de type 2 regroupent les causes de crise cardiaque. Les hommes sont plus enclins à être exposés au risque. Les femmes ayant atteint la ménopause présentent les mêmes prédispositions.