La pollution liée à la consommation de vêtements en France

L’industrie de la mode est une filière très productive, très rentable, mais également très polluante. Plus explicitement, le textile devient condamnable en raison de son caractère non durable. L’industrie présente les mêmes caractéristiques que le plastique jetable : gaspillage, dommage et pollution.

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La pollution du textile en France

Le cycle de vie d’un vêtement commence par la culture du coton. Pour produire un tee-shirt, 2 700 litres d’eau et 54 g d’engrais et de pesticides sont utilisés dans le champ. D’ailleurs, la filière constitue une des cultures les plus voraces en produits phytosanitaires. Vient ensuite le processus de fabrication consommant encore une grande quantité d’eau. Puis, la teinture utilisée qui est responsable de 20 % de la pollution des eaux. Avant d’atterrir dans les magasins, les vêtements parcourent en moyenne 10 000 km. Néanmoins, les transports terminaux, en camion, restent les plus polluants.

La prochaine étape est la consommation proprement dite. Le consommateur entretient environ 520 kg de textile, impliquant le lavage, le séchage et le repassage. Le nettoyage annuel occupe 12 % de la consommation totale d’eau dans un foyer. Arrivé en fin de vie, le textile finit dans les déchets. En France, 700 000 tonnes de déchets textiles sont rejetées. Le cycle s’accélère quand les textiles usés sont estimés irrécupérables.

Les causes du gaspillage et de la pollution du textile

Le phénomène de fast fashion est la cause première du gaspillage. En effet, les renouvellements s’enchaînent à un rythme effréné. À cela s’ajoute le prix cassé. Les grandes marques multiplient les collections qui se comptent par cinquantaines en une année, selon le chargé de campagne pour les Amis de la terre Alma Dufour. L’industrie de la mode s’est transformée en un marché hyper compétitif alimenté par la surproduction. La filière commercialise chaque année 2,6 milliards de vêtements et de chaussures. Ce volume équivaut à 39 pièces par Français. Aussi, les marques éprouvent-elles un malin plaisir à dégrader la qualité du textile afin de pousser les consommateurs à renouveler leur garde-robe.

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Récupération des textiles usagés

Tous les ans, le pays empile 240 000 tonnes de textile usagé, incluant des combinaisons de skis, des layettes, des draps fleuris… Les « chiffonniers » s’agglomèrent ensuite autour des montagnes de tissus afin de les revaloriser. Ils collectent les textiles et les recyclent dans la mesure du possible. Cependant, certains tissus sont tellement dégradés qu’une seconde vie est impossible. Le président du Relais Pierre Duponchel salue cette initiative et constate qu’il s’agit là d’une « solution écolo qui génère de l’emploi en France ». Par ailleurs, les procédures de recyclage de textile ne sont pas tout à fait au point et restent donc insuffisantes pour remédier aux gâchis.

Les marques se mobilisent contre le gaspillage et la pollution du textile

Dans une optique de revalorisation, les marques s’engagent à apporter leur part de soutien. 59 acteurs dans l’industrie de la mode, dont les géants Nike, H & M et Zara ont signé le « fashion pact ». Cet accord prescrit une limitation des émissions de gaz à effet de serre, l’usage d’énergie renouvelable et de transport propre ainsi que le recyclage. De nombreux fabricants français ont également rejoint la communauté, d’après Marc Pradal, président de l’Union française des industries de mode et d’habillement. Cependant, le changement s’opère lentement et il faut patienter des années avant d’espérer un résultat.

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Un comportement paradoxal de la part des consommateurs

Selon le président de la Fédération des enseignes de l’habillement qui joue le rôle de porte-parole des marques françaises, la meilleure motivation des enseignes reste la demande des clients. Il porte en estime les pratiques durables de certains fabricants, comme : la réparation et le reconditionnement de chaussures de Bocage. Cependant, il demeure sceptique quant à l’efficacité du fashion pact, les clients manifestant un comportement par trop contradictoire. En effet, s’ils se disent prêts à payer plus cher afin de mieux consommer, ils se ruent toujours autant vers le fast fashion.