L’adoucissement des températures en Europe : les réglementations antipollution incriminées

La prévision des températures pour l’hiver 2019-2020 est assez douce. Les mois de décembre et de janvier ont été les plus chauds jamais enregistrés en France avec une température moyenne nationale de 2,3 °C au-dessus de la normale. Des records de chaleur et de pression ont été enregistrés comme à Biarritz qui a affiché 26 °C le 3 février. C’est bien plus que la moyenne d’un mois de juillet habituel.

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Imputés aux gaz à effet de serre, cet adoucissement de l’hiver et réchauffement de l’été seraient, en réalité, plutôt à attribuer aux efforts en matière de dépollution. Explications.

La réduction des aérosols, première cause de l’adoucissement hivernal

La diminution de la quantité de la neige est un phénomène observé ces dernières années en France et sur toute l’Europe. Le réchauffement climatique suite aux émissions de GES était le principal incriminé. En réalité, cela est plutôt dû au déploiement des dispositifs antipollution atmosphérique.

La revue Nature Climate a souligné le 3 février que les aérosols impactent plus le réchauffement hivernal que les GES. Des études relatives aux épisodes de froid en Russie et en Europe, ont d’ailleurs confirmé que le réchauffement de la période hivernale coïncidait avec la réduction d’utilisation des aérosols.

La baisse des particules, le deuxième facteur du réchauffement en Europe

Les aérosols atmosphériques comme les GES sont incriminés en tant que cause de changement climatique.

Ces aérosols rejettent dans l’atmosphère des particules qui forment une couche dont le pouvoir réfléchissant des rayons solaires modifie la capacité radiative de la Terre et réduit la température locale. Le GIEC ou Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a établi que ce phénomène dit éclaircissement, cause un refroidissement radiatif de l’ordre de -0,8 W/m2 sur l’échelle mondiale.

De telles particules proviennent également des usines et des échappements des véhicules motorisés.

Or, dernièrement, l’utilisation de ces aérosols a fortement diminué en Europ e, occasionnant une baisse de la quantité de particules émise dans l’atmosphère. Au lieu de provoquer un refroidissement local, la réduction de la couche de particules a engendré un réchauffement de la température locale de l’ordre de 23 %, entre 1980 et 2012.

La baisse des particules inhérente à la baisse de l’utilisation des aérosols en Europe est donc aussi un facteur du réchauffement climatique sur ce continent.

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Ce réchauffement est aussi à l’origine d’un autre phénomène climatique : le changement des fluctuations du courant-jet polaire. Le réchauffement des hivers en Europe augmente le gradient de température entre l’Europe et le pôle Nord. Le courant-jet polaire qui devrait fluctuer entre les hautes et les basses altitudes est stabilisé.

L’expansion tropicale de la cellule de Hadley entraîne la redistribution de la chaleur accumulée à l’équateur vers les altitudes élevées, et déplace le courant-jet vers le pôle Nord. Les descentes d’air froid en sont affaiblies.

Les vagues de froid sont alors adoucies. Les chercheurs Yuan Wang et ses collaborateurs l’ont démontré encore dans la revue Nature Climate.

La probabilité d’un hiver sans neige

Les stations de ski ne cessent de crier au réchauffement climatique en voyant la couverture neigeuse fondre. Certaines comme la station de ski Gaschney, dans les Vosges, n’ont même pas pu ouvrir à cause de l’insuffisance de neige. D’autres risquent même de mettre les clefs sous la porte.

La fonte de la couverture neigeuse ne semble cependant, pas près de s’arrêter, car l’Europe et la Chine se sont toutes les deux engagées dans une politique de dépollution atmosphérique. Cela va encore diminuer les vagues de froid hivernales surtout dans le Nord et l’Est de l’Europe.

Ces mécanismes cependant, ne sont pas stables. D’autres études ont en effet, démontré que le réchauffement du pôle Nord pouvait au contraire affaiblir le jet-stream. L’air froid pourrait ainsi facilement redescendre sur l’Europe.

Toutefois, la réduction voire la suppression de l’utilisation des aérosols n’est pas près de s’arrêter sous la pression de la population qui redoute les effets du changement climatique. La diminution de la pollution va donc générer le réchauffement des températures ; des vagues de chaleur sont donc prévues en France et aussi sur toute l’Europe.

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Ceci est une parfaite illustration des bonnes intentions à effets secondaires inattendus.