L’agriculture durable en France

L’agriculture en France nécessite une révision. Pour des raisons écologiques, il faut délaisser l’agriculture intensive au profit de l’agriculture durable. Une série de mesures ont déjà été adoptées mais n’ont pas encore porté leurs fruits, en voici les détails.

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La durabilité des territoires

La durabilité des territoires implique une agriculture durable et un circuit court. Quelques explications s’imposent concernant ces termes techniques.

Comprendre le circuit court

Selon le ministère de l’Agriculture en 2009, le circuit court correspond à un mode de commercialisation des produits agricoles. Il s’opère par une vente directe du producteur au consommateur ou par une vente indirecte. Dans le second cas, le commerce prévoit un unique intermédiaire entre le producteur et le consommateur : les magasins de producteur, les points de vente collectifs, les paniers, la vente à la ferme ou l’AMAPs (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Cette définition est sujette à controverse, car elle néglige la distance parcourue par le produit avant d’atteindre son consommateur.

Aussi, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ou Ademe reprend la définition et inclut le kilométrage du produit. Un produit agricole parcourt ainsi 30 km, tandis qu’un produit transformé en parcourt 80 avant d’atteindre son consommateur final. D’un point de vue écologique, toutefois, cette définition n’est pas idéale.

L’agriculture durable

L’Ademe suggère également une définition de l’agriculture durable. L’agence pense qu’il s’agit d’une pratique agricole qui vise des enjeux sécuritaires. En effet, elle prend en compte l’alimentation des pays, la rémunération de l’ensemble de la chaîne de production et notamment le respect de l’écologie ainsi que la qualité des produits. L’agriculture durable n’a rien à voir avec l’agriculture locale qui peut utiliser des pesticides. Afin d’estimer la durabilité d’un produit agricole, il convient ainsi de considérer l’ensemble des étapes de son cycle: les conditions de production, de transformation, de conditionnement et de transport.

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L’agriculture durable au profit de l’environnement

Les modèles d’agriculture durable correspondent à des circuits courts de proximité utilisant des techniques agricoles qui tiennent compte de l’environnement, dont la qualité des sols, des aliments, l’absence d’additifs…. Le développement des circuits courts permet, selon Marc Dufumier, président de la nouvelle association pour la Fondation René-Dumont et du Commerce équitable France, de promouvoir l’économie locale et d’encourager l’amélioration du travail du producteur. Il faut en effet rappeler que ce dernier a souvent tendance à détériorer les conditions de production agricole, capitalisme oblige: produire à petit prix et faire un maximum de profit.

Les mesures pour le développement des producteurs locaux

La relocalisation de la production agricole et alimentaire a été bouleversée par l’adoption de la loi du 13 octobre 2014.

Les mesures prises

Cette loi prône l’élaboration de Plans d’Alimentation Territoriaux ou PAT ayant pour objectif de rassembler dans des programmes alimentaires locaux les producteurs, les distributeurs, les consommateurs et les collectivités territoriales. Le gouvernement a prévu l’établissement de 500 PAT en 2020, cependant, cet objectif n’a pas été atteint. À l’heure actuelle, la France ne compte qu’environ 100 PAT. Pour avancer la relocalisation agricole, la loi issue des EGalim ou Etats Généraux de l’Alimentation, imposera d’offrir à partir de janvier 2022 des repas en restauration collective dans les établissements chargés des missions de service public qui utilisent 50 % des produits durables (dont 20 % de produits bio).

Des subventions

Des subventions pourraient également être versées en fonction de la durabilité des modèles agricoles. Cependant, cette mesure reste incompatible avec les pratiques actuelles. En raison de la Politique Agricole Commune de l’UE, la subvention est accordée en fonction de la surface exploitée. Ce système encourage les agriculteurs à étendre leurs terres et à moderniser leurs méthodes par l’agriculture intensive.

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Donner les terres aux agriculteurs

L’ultime solution est de donner des terres aux agriculteurs. Il faut rappeler qu’en France, les zones agricoles appartiennent aux entreprises qui pratiquent l’agriculture intensive. Cependant, cette méthode nuit à la fertilité du sol, aux emplois et à la qualité des produits. Pour y remédier, plusieurs personnalités politiques (notamment des députés) demandent l’adoption d’une loi foncière en faveur des agriculteurs.