L’agrivoltaïsme ou l’usage de panneaux solaires photovoltaïques dans l’agriculture

La ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne a récemment annoncé le relèvement du seuil des installations de panneaux photovoltaïques en France. Cette annonce a ouvert la voie à de nouvelles opportunités dans la filière solaire. C’est ainsi que la pratique de l’agrivoltaïsme a vu le jour.

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Le résultat du relèvement du seuil des installations photovoltaïques

Au cours de sa visite dans le Salon de l’agriculture, la ministre de la Transition écologique a annoncé le relèvement du seuil des installations de panneaux solaires photovoltaïques. Ainsi, les 100 kWc sont passés à 300 kWc (kilowatts crête). Cette annonce ouvre les portes de nouvelles perspectives pour la filière solaire en France. En effet, les projets de grande envergure peuvent désormais voir le jour, notamment dans les secteurs agricole et industriel ainsi que dans l’équipement des bâtiments publics. Le syndicat des énergies renouvelables salue cette initiative et prévoit ainsi un « cadre de développement plus efficace que le dispositif d’appel d’offres actuel ».

Fusionner culture et production énergétique

Le relèvement du seuil de panneaux photovoltaïques a donné naissance à l’agrivoltaïsme. Il s’agit de l’association de la production d’électricité des panneaux solaires et des pratiques agricoles dans une même surface. Pour ce faire, des dispositifs photovoltaïques sont aménagés sur des mâts, sur des champs ou des systèmes d’élevage. Sont concernés par cette pratique :

  • La pisciculture
  • L’ostréiculture
  • L’élevage ovin
  • La vigne
  • L’arboriculture
  • Le maraîchage
  • Les grandes cultures

Cependant, les programmes se font encore rares en France et à travers le monde. À titre d’exemple, la Dordogne n’a enregistré que 3 projets. L’Ile de la Réunion ne compte qu’une ferme solaire dotée de plusieurs bassins piscicoles.

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Les rendements et les productions d’électricité avec l’agrivoltaïsme

Dans le cadre d’un projet d’agrivoltaïsme, le rendement et la production d’électricité reposent sur le type d’installation photovoltaïque. En outre, la capacité de production dépend de la technologie utilisée, du type de panneaux, de la mobilité et de l’inclinaison. Les experts conseillent l’usage de trackers solaires pour faire concorder l’orientation des dispositifs solaires avec la position du soleil. En effet, les trackers jouent un double rôle, explique Jérôme Mousset, chef du service Agriculture et Forêt à la Direction Productions et Énergies Durables de l’Ademe. Selon lui, l’appareil génère de l’énergie et protège les cultures des coups de chaleur grâce à son système d’ombrage.

Les panneaux solaires sont installés au-dessus des cultures afin de répondre à 2 problématiques : la réduction de l’ensoleillement de la culture et la réduction du contact entre l’eau de pluie et la culture. Ces phénomènes peuvent être bénéfiques ou, au contraire, porter préjudice au rendement. Par ailleurs, les programmes d’agrivoltaïsme profitent de l’aide de l’Ademe. Son PDG Arnaud Leroy souligne que « nous accompagnons quelques sociétés via les Programmes d’Investissement d’avenir avec différentes techniques ». L’agence contrôle également l’impact de cette pratique sur les productions énergétiques et agricoles.

Les programmes en cours

À Montpellier, l’INRAE (Institut national de la recherche agronomique) a réalisé quelques études sur la croissance de laitues produites sous panneaux photovoltaïques. À cette occasion, l’institut a également approfondi l’impact de la latitude d’orientation des dispositifs solaires. Dans le Roussillon, une ferme viticole de 60 ha œuvre en partenariat avec l’INRAE en vue de planter 7,5 ha de vignes en dessus d’une parcelle en jachère. 6 ha de terrains seront dotés de panneaux solaires inclinables et réglables. Le bilan de la récolte sera dressé en 2021.

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Par ailleurs, les acteurs de la filière solaire pensent qu’une mobilisation de 5 % de la surface agricole est nécessaire pour espérer un bon rendement. Cependant, certains agriculteurs restent perplexes face à la pratique. Ils estiment que « ce n’est pas la vocation des champs ».