Le coronavirus joue-t-il en faveur de la sauvegarde des baleines ?

Il est incontestable que le coronavirus a apporté son lot de bienfaits pour l’environnement. Ses avantages sur la pollution de l’air sont incontestables. L’épidémie semble également jouer en faveur de la conservation des baleines.

Les expéditions de chasse annulées

Cette année, la chasse à la baleine a connu une baisse considérable, coronavirus oblige. Les protocoles sanitaires et les distanciations sociales forcent l’Islande (principal pays chasseur de baleines) à ajourner les expéditions. Ce sont toutes les chasses aux mammifères marins qui sont annulées pour cette année, déclare Kristjan Loftsson, directeur général de Hvalur (une entreprise islandaise de chasse à la baleine).

Dans un contexte sanitaire encore instable, le directeur général de la société de chasse au petit rorqual IP-Utgerd a pris des mesures plus radicales. Gunnar Bergmann Jonsson a mis définitivement fin à la chasse à la baleine.

Un véritable miracle

Deux cents ans auparavant, les baleines à bosse étaient estimées à 27 000. Elles sont connues pour leur géante taille de 14 mètres et leur chant gracieux ainsi que leurs sauts hors de l’eau qui émerveillent les spectateurs. Durant les années 50, les baleines à bosse ont été réduites au nombre de 450 à cause d’une chasse intense. Les mammifères étaient très appréciés pour leur chair, leur cuir et leur graisse utilisée dans le chauffage et l’éclairage.

Après le passage du coronavirus, la Royal Society a observé une nette hausse de la population, le samedi 16 mai. En effet, elle a constaté une restauration à 93 % de son volume originel. Ce miracle est le fruit d’un moratoire prohibant la chasse à la baleine pour des raisons sanitaires.

Bonne nouvelle pour le Fond international pour la protection des animaux

Le Fond international pour la protection des animaux ou IFAW s’est réjoui de cette nouvelle. Patrick Ramage, directeur du programme de conservation marine de l’IFAW, a déclaré dans un communiqué de presse que : « nous voyons la fin de la chasse à la baleine en Islande, ce qui est une bonne nouvelle pour les baleines, pour l’Islande et pour la conservation marine dans le monde ».

Kristjan Loftsson a d’ailleurs remarqué une nette régression du marché islandais de la baleine depuis plusieurs années à cause de la raréfaction des mammifères. Les autorités locales ont d’autant plus refusé d’octroyer un permis de pêche aux chasseurs.

La baleine, proie de tous les bourreaux

L’Islande n’est pas l’unique pays chasseur. Le cétacé de taille impressionnante est également la cible des chasseurs norvégiens, japonais et russes. Rien qu’en 2019, le Japon a fait 225 hécatombes de baleines à la suite d’une série de pêches intensives. En raison de la régression du marché, la chasse à la baleine s’est avérée infructueuse. En janvier dernier, 3 700 tonnes d’invendus ont été enregistrées à l’échelle mondiale.

Par ailleurs le Fond Monétaire International et la Great Whale Conservancy ont souligné l’importance du rôle des baleines dans la lutte contre le réchauffement climatique. Selon leurs études, une baleine absorbe 33 tonnes de CO2 en moyenne.