Le gérant des incinérateurs de déchets bloqués par la GCT alerte les préfets

Le gérant des incinérateurs de déchets en Île-de-France s’émeut face au blocage permanent motivé par la grève contre la réforme des retraites. Le non-fonctionnement du site crée un entassement massif de tonnes d’ordures en provenance des villes. Malgré cette situation alarmante, les grévistes ont envisagé une prolongation de leur mouvement.

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Une mise en demeure pour revenir à un fonctionnement normal des incinérateurs

Olivier Fégueux, responsable à la CGT Énergie en Île-de-France, s’indigne de l’inaction gouvernementale face à cette grève qui perdure depuis plusieurs semaines. La filière intersyndicale de l’énergie se trouve sur tous les fronts du mouvement contre la réforme des retraites. Cette grève sans fin est devenue particulièrement préoccupante en raison du blocage des 3 plus grands sites d’incinération des déchets en Île-de-France. Ils se trouvent sous la gestion du Syctom à Ivry-sur-Seine, à Seine-Saint-Denis et à Issy-les-Moulineaux. Le blocage a commencé le 23 janvier 2020. La CGT a ensuite dévoilé son programme de reconduite des actions jusqu’au 3 février 2020.

Face à ce dilemme, l’agence métropolitaine des déchets ménagers de la région a expédié le mercredi 29 janvier 2020 une lettre de mise en demeure aux exploitants des 3 centres. La correspondance somme les sites de revenir à un fonctionnement normal, indique le Syctom. L’agence prend en effet en charge 6 000 tonnes de déchets quotidiennement, d’où la nécessité d’une interpellation. Selon le responsable de la communication du Syctom Sylvie Mariaux, l’agence a également sollicité de l’État, par le biais des préfets de départements, la réquisition du personnel pour un minimum de service.

L’enfouissement, la solution à court terme

Cela fait près de 6 jours que les sites sont bloqués. L’agence a été contrainte d’instaurer des mesures temporaires pour traiter les déchets, en l’occurrence, l’enfouissement des ordures et le détournement des bennes. Aujourd’hui, elle sonne l’alarme et martèle « qu’enfouir plus de 5 000 tonnes d’ordures par jour représente une catastrophe pour l’environnement ». Généralement, sur les 2,3 millions de tonnes de déchets entassés, l’agence en enfouit seulement 6 %. Depuis les manifestations, ce chiffre grimpe à près de 85 % !

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Le chauffage est au ralenti

Les fours des incinérateurs produisent chaque jour de l’énergie. Celle-ci alimente la CPCU ou Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain. La vapeur générée approvisionne l’entreprise à 47 %. La compagnie fournit à son tour du chauffage aux bâtiments publics et aux logements. L’arrêt des incinérateurs a provoqué une pénurie de ressources. L’entreprise a ainsi alerté les principaux consommateurs d’un risque d’arrêt de chauffage pour certains bâtiments. D’autres devront se contenter d’un minimum de chauffage domestique.

Il convient de souligner que le Syctom distribue de l’énergie à près de 300 000 structures en Ile-de-France. Ces établissements comprennent des bâtiments classiques, des bureaux, des ministères et des hôpitaux. Une rumeur circule selon laquelle la CPCU utiliserait des énergies fossiles pour continuer son activité de chauffage.

La gestion des déchets devient complexe

Pendant les 6 jours d’arrêt, le Syctom s’est réorganisé. Cependant, une éventuelle prolongation du blocage laisse planer le doute concernant la gestion des déchets. À force d’enfouissement, les fosses sont menacées de saturation. Auquel cas, les déchets en ville ne pourront plus être collectés.

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Le traitement nécessite un acheminement à 50 km de la capitale moyennant un coût conséquent de 400 000 euros par jour. Cette méthode n’est que temporaire soulignent les responsables. Malgré cette situation alarmante, les 70 grévistes ont prévu un prolongement jusqu’au lundi 3 février 2020. De plus, la CGT Énergie a incité les éboueurs de CGT Transport à se rallier à leur cause. Malgré cette grève ininterrompue, les éboueurs qui conduisent des camions poursuivent le ramassage des ordures.