Le gouvernement dévoile sa politique énergie-climat

C’est avec impatience et appréhension que la Stratégie Nationale Bas Carbone ou SNBC est attendue. Elle a finalement été publiée avec un retard d’un mois le mardi 21 janvier2020. Découvrez les grandes lignes qui méritent l’attention.

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Réduction du gaz à effet de serre

D’ici 2023, la France devrait réduire son émission de GES à 422 MT/an, mais encore faut-il que tous les responsables concernés puissent atteindre leurs objectifs respectifs. En 2028, l’émission devrait passer à 359 Mt/an. À l’horizon 2033, la pollution devrait descendre à 300 Mt/an. Autrement dit, la France diminuera de 45 % sa production de GES entre 1990 et 2033. Parvenir à cette fin implique une démarche particulière commençant par la gestion des déchets et se poursuivant avec le déploiement des alternatives pour la production énergétique. Les secteurs du bâtiment, des transports et de l’agriculture devront retrousser leurs manches pour parvenir à ce but.

De gros efforts dans le secteur du transport

Une feuille de route est assignée à chaque secteur. Dans l’industrie du transport, les acteurs publics et privés doivent élaborer un plan de :

  • Promotion des véhicules électriques
  • Optimisation de l’efficacité énergétique des véhicules thermiques et électriques
  • Promotion des mobilités douces
  • Promotion des transports de fret par voie d’eau et par fer

La SNBC impose également : la compétitivité du fret ferroviaire et le développement des infrastructures réservées aux carburants alternatifs.

Dans le secteur du bâtiment, plus de 700 000 habitations attendent encore une rénovation. Ce nombre est 6 fois plus important que celui réalisé en 2019. Pour atteindre un tel objectif, propriétaires, entreprises de travaux de rénovation et élus locaux doivent se mobiliser intensivement.

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Amenuiser les émissions agricoles

Le domaine agricole a sa part de responsabilité. Le secteur se doit de contrôler la gestion entérique des bovins et le dégazage de protoxyde d’azote. La SNBC recommande la réduction de l’usage d’engrais azoté. À ces mesures s’ajoute la diminution de la consommation de viande bovine. Cependant, cette initiative attirera à coup sûr les foudres des éleveurs.

Un budget insuffisant

Afin d’accompagner au mieux les ménages, le gouvernement étudie la mise en place d’aides sous forme de subventions. Pour encourager la rénovation massive des bâtiments publics de l’État et des collectivités, une enveloppe de 4,8 milliards d’euros a été affectée. Les solutions étatiques suggèrent également l’implantation de bornes de recharges, d’infrastructures de sécurité pour les cyclistes et de « transports massifiés ». Dans le secteur industriel, le gouvernement prévoit une limitation de 75 % du charbon d’ici 2028. Cependant, le budget total de financement reste encore incertain.

Fin du fioul

À l’horizon 2028, le PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) révèle la suppression de plus de 3 millions de chaudières au fioul. Cette politique bénéficiera d’un budget de 600 millions d’euros répartis sur 9 ans. De plus, une circulaire sortira prochainement afin d’appuyer ces démarches. Pour le chauffage domestique, les ménages friands de biomasse solide et de solaire thermique pourront bénéficier d’une aide financière étatique.

Remplacer le nucléaire

Pour finir, la politique énergie-climat a inscrit la filière nucléaire dans son programme. Dans cette optique, 14 réacteurs sont en passe de fermer d’ici 2035. Néanmoins, la mise à l’arrêt est encore en cours d’étude par l’EDF. Dans le cadre de la transition industrielle bas-carbone, la SNBC préconise le développement du captage et la réutilisation industrielle du CO2, le développement des énergies renouvelables.

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La PPE ambitionne la mise en circulation de véhicules lourds et légers alimentés à l’hydrogène. Pour fonctionner, ces voitures propres devront s’équiper de pile à combustible. Il faut rappeler que ce gaz a ranimé l’espoir des chercheurs et des scientifiques qui voient là une solution de substitution des énergies fossiles et du nucléaire.