Le gouvernement impose l’usage de kérosène vert pour les avions de Toulouse

Le lundi 27 janvier 2020, la ministre de la Transition écologique a dévoilé ses ambitions dans le secteur de l’aéronautique. Elle impose l’usage du kérosène vert ou du biocarburant durable. Le projet se concentre davantage sur les compagnies aériennes toulousaines, mais s’étendra vers toute la France.

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Réduire l’empreinte carbone des avions toulousains

Le secteur de l’aéronautique subit en ce moment les conséquences des nombreuses critiques qui ont fait état de son impact écologique significatif. Il doit ainsi multiplier ses efforts de participation à la lutte contre le dérèglement climatique. Pour limiter son empreinte carbone, la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne a lancé un message sur les pistes de l’usine d’assemblage de l’A350 d’Airbus à Toulouse. En compagnie de son secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, elle a annoncé le lancement de la filière des biocarburants dans l’aéronautique. Les carburants verts limitent à 80 % les émissions de CO2.

Toutefois, le projet fait déjà face à une problématique majeure : son coût. En effet, produire des carburants verts coûte 2 à 5 fois plus cher que produire du kérosène. Dans la feuille de route du gouvernement qu’Élisabeth Borne expose, le secteur se doit d’être plus écologique. L’État s’attend à ce que le kérosène fossile laisse place au biocarburant. Les démarches sont déjà toutes tracées :

  • 2 % de carburant durable en 2025.
  • 5 % de carburant durable en 2030
  • 50 % de carburant durable en 2050

Où produire le kérosène vert ?

Selon Steven Lemoing, responsable des biocarburants chez Airbus, les sources de kérosène vert sont multiples :

  • Les déchets de l’agriculture
  • Les graisses animales
  • Les déchets municipaux
  • Les déchets végétaux
  • Les huiles usées

Cependant, la France ne dispose d’aucun site de production à l’échelle industrielle en mesure de répondre à cette demande. Le groupe Total est le seul en mesure de produire des biocarburants dans la raffinerie de la Mède, à proximité de Marseille. Depuis 2017, le gouvernement a développé la filière française des biocarburants. Le secteur a été lancé avec l’aide d’Air France, de Total, de Suez Environnement, d’Airbus et de Safran. Aujourd’hui, le programme est en passe de devenir fonctionnel. Le gouvernement a également lancé un appel à manifestation d’intérêt afin d’encourager des projets d’investissements pour des unités de production de biocarburants aéronautiques.

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Le biocarburant ou le kérosène ?

Les avions consomment à l’heure actuelle 0,1 % de biocarburants. Afin de parvenir à l’objectif de 2050, les incitations fiscales et les taxes sur le prix du billet seront instaurées. Cependant, la ministre de la Transition écologique est restée évasive concernant les méthodes de financement de la ressource.

Pour rappel, les States sont déjà équipés d’un site de production de biocarburant. Aussi, les compagnies aériennes californiennes ont-elles adopté les carburants verts. La PDG d’Air France a expliqué sa volonté d’utiliser le biocarburant à base d’huiles végétales et de graisses animales récupérées pour alimenter les vols entre France et San Francisco.

Inciter les compagnies aériennes françaises à se mettre au vert

Les avions de toutes les compagnies aériennes françaises sont incités à se gaver au kérosène vert dans le cadre de la transition verte. D’après le directeur de Toulouse White Biotechnology (une plateforme de recherche publique/privée sur les biotechnologies), l’usage des biocarburants est en bonne voie. Olivier Rolland pense qu’il ne manque plus que la prise de conscience des entreprises aéronautiques.

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Insistons cependant sur le fait que le biocarburant ne constitue qu’une solution à court terme. Pour le long terme, il faudra parvenir à concevoir et construire des avions à moteur hybride mû par l’électricité puisée dans l’hydrogène et les carburants de synthèse.