Le médecin français infecté par le Covid-19 a consulté au moins trente patients avant d’être détecté

Le médecin français dernièrement contaminé par le coronavirus a déjà consulté une trentaine de patients avant d’être mis en isolement. Il s’est en effet écoulé plusieurs jours entre son contact avec une touriste chinoise infectée et le moment où il s’est lui-même signalé susceptible de porter le virus.

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Comment le médecin français a-t-il été infecté par le coronavirus ?

Six cas de contamination au coronavirus ont été répertoriés depuis le 24 janvier en France. L’un de ces malades était hospitalisé à Bordeaux et les cinq autres à Paris dont deux dans le service de réanimation.

Le médecin contaminé par une patiente chinoise est le cas qui a été le plus difficile à détecter. C’est également le cas qui a fortement compliqué l’action contre la propagation du virus. Plusieurs jours séparent la date de consultation de la personne infectée et celle où le docteur libéral s’est signalé auprès des autorités.

Le 23 janvier, il a en effet été mandaté par le Samu pour consulter deux touristes chinoises séjournant dans un hôtel de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Ces Taïwanaises toussant et fébriles étaient accompagnées d’une traductrice chinoise. Toutes les trois n’étant pas passées par Wuhan, centre de cette épidémie d’infection pulmonaire atypique, elles ne sont pas considérées comme des cas suspects ou à risque. Ce n’est qu’en rentrant chez elle que la traductrice a été confirmée porteuse du coronavirus. Le médecin en est immédiatement informé alors qu’au même moment, il faisait 38 °C de fièvre. Il s’isole alors de son propre chef et demande aux autorités de le transférer immédiatement à l’hôpital.

L’Agence Santé publique de la France se met tout de suite à enquêter minutieusement toutes les personnes qui étaient en contact avec ledit médecin. Cela pour s’assurer que ces dernières ne risquent pas d’en contaminer d’autres. Tous les patients auscultés par le médecin, aujourd’hui infecté, ont déjà tous été appelés et enquêtés. Et ce, même si selon une infectiologue, le risque de contamination durant la phase d’incubation est minime.

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L’importance des enquêtes poussées effectuées

Selon les explications données à l’AFP par Bruno Coignard de l’agence sanitaire Santé publique France, le but principal de ces enquêtes et de casser les éventuelles chaînes de transmission. Chargé du pilotage de ces enquêtes sur toute la France, il affirme que ces dernières suivent des protocoles standardisés. Cela signifie que tous les pays échangent régulièrement à son sujet, et ce, sous la tutelle de l’OMS.

La technique d’enquête aujourd’hui appliquée, a été rodée maintes fois notamment durant le Sras entre 2002 et  2003, le Mers entre 2012 et 2013, l’Ebola en 2014.

Elle débute par l’interrogatoire du patient pour identifier toutes les personnes qui étaient en contact rapproché avec lui notamment durant l’apparition des symptômes. Le principe de base est que l’infecté n’est pas contagieux durant la phase d’incubation.

Dès que ces personnes ont été identifiées, elles sont appelées par des épidémiologistes qui vont ensuite les classer en trois catégories selon le risque présenté : nul/négligeable, faible, modéré/élevé. Le plus haut risque étant un contact rapproché de moins d’un mètre en face à face sur une durée d’environ dix à quinze minutes. L’exemple de risque de contamination étant le plus élevé dans le cas d’un couple. Le plus bas niveau de risque concerne le personnel soignant qui dispose d’un équipement de protection très efficace ainsi que pour les personnes rencontrées furtivement.

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Ceux présentant le risque le plus élevé sont priés de rester chez eux et de surveiller leur température et d’alerter immédiatement les autorités en cas d’apparition de symptômes. Un dispositif d’indemnisation permet de compenser les pertes dues au confinement des patients à risque. Ceux à risque intermédiaire peuvent quant à eux, sortir. Le suivi se fait sur quatorze jours.