Le nouvel Office Français de la Biodiversité de Macron remis en cause

L’OFB, la police environnementale mise en place par le président de la République, a dévoilé ses nombreux objectifs. Cependant, l’office possède — t — il réellement les moyens de ses ambitions ? Les acteurs environnementaux mettent en doute son sérieux.

Les ambitions de l’exécutif

Ces dernières semaines, l’exécutif a confirmé son ambition de porter les aires protégées à 30 % du territoire d’ici 2022, alors qu’elles ne sont actuellement que de 20 %. Le président de la République l’a confirmée le mercredi 12 février au cours du 4e Conseil de défense écologique. Il a ensuite répété les mêmes propos le lendemain à Chamonix en Haute-Savoie, au cours d’un discours lors du séminaire de lancement institutionnel de l’Office Français de la Biodiversité.

Le président a profité de cette intervention pour annoncer la création du 11e parc national, à cheval entre la Champagne et la Bourgogne. 250 000 ha de forêts seront aménagés en l’espace de 2 ans en Guyane et en France métropolitaine. Une autre réserve naturelle verra le jour dans les îles Glorieuses. À ces sites s’ajouteront 4 autres parcs naturels régionaux. Face à ces propos, Jean-David Abel se demande où et comment le président compte-t-il trouver les moyens nécessaires ?

Le président garde la discrétion

Emmanuel Macron a joué la carte de la discrétion alors que le séminaire offrait une occasion de plonger au cœur du sujet. L’Office Français de la Biodiversité est né de la fusion entre : l’Agence Française de la Biodiversité et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ou ONCFS. Le Syndicat National de l’Environnement SNE-FSU a salué cette fusion, car il a longtemps demandé ce regroupement.

Créée en 2016, l’AFB s’était donné pour mission de mobiliser ses compétences en faveur des espaces aquatiques et marins. L’ONCFS, quant à lui, se préoccupe des milieux terrestres, notamment de l’examen du permis de chasse, de la police de l’environnement et du contrôle des espèces sauvages. Pour des questions d’efficacités, il fallait un grand opérateur de la biodiversité en France, souligne Patrick Saint-Leger, secrétaire national du SNE-FSU.

Les rôles de la police de l’environnement

L’OFB compte 2 800 agents, dont 1 900 travaillent sur le terrain. Il a été mandaté pour occuper le rôle de police de l’environnement. En d’autres termes, il prend en charge le contrôle du respect du code de l’environnement dans l’ensemble du territoire et des aires protégées. Ses actions comprennent : la lutte contre le braconnage des espèces protégées et la lutte contre la pollution des eaux, précise sa directrice adjointe Stéphanie Antoine. A ces missions s’ajoutent :

  • La mise en place de politiques publiques de l’eau et de la biodiversité
  • Le développement de la recherche et des connaissances sur les espèces
  • L’accompagnement de la société civile, des acteurs économiques et politiques sur les enjeux écologiques
  • L’animation du réseau national des gestionnaires d’aires protégées

L’OFB, une Ferrari qui roule avec un moteur de 2 CV

Pour assurer ces différentes missions, l’office bénéficie de l’appui des gestionnaires d’espaces naturels, des usagers de la nature, des collectivités territoriales et des associations. À la vue de ces nombreuses préoccupations, le SNE-FSU met en doute son sérieux. En effet, il pense que le décalage entre les ambitions et les moyens alloués est flagrant. D’ailleurs, son responsable n’a pas hésité à comparer l’OFB à une « Ferrari qui roule avec un moteur de 2 CV ».

Au cours de la fusion, l’OFB a obtenu un budget de 433 millions d’euros, selon Patrick Saint-Leger. Cependant, il n’est pas à l’abri d’une éventuelle perte d’effectifs, comme l’ONCFS entre 2012 et 2019. Quant aux contrôles des aires protégées, les 4 nouveaux parcs régionaux ne seront pas sous sa responsabilité.