Le plastique persiste en France

Chaque année, un Français consomme plus de 70 kg de plastique, dont 45 % d’emballages, selon l’Atlas du plastique. Ce document fait un état des lieux de la forte pollution et de la surexposition de la population à ce produit issu du pétrole.

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L’époque du plastique

La Fondation Heinrich-Böll, La Fabrique écologique, le mouvement Break Free From Plastique ainsi que l’association Zero Waste France ont publié mardi 25 février un document baptisé «  l’Atlas du plastique ». Le livre composé d’une soixantaine de pages divulgue toute une série d’informations, de chiffres et de graphiques. Le document décrit « le monde des polymères synthétiques ».

Il narre en premier lieu l’histoire de cette matière dérivée du pétrole. Le premier plastique entièrement synthétique est apparu en 1907. Viennent ensuite le polychlorure et le polychlorure de vinyle, le polyéthylène ou le polypropylène. Ces matériaux regroupent les plastiques les plus utilisés à travers le monde. Leur essor date de la décennie 1960. Leur production rassemble plusieurs avantages économiques, tels que l’accessibilité, la modernité et le côté pratique. C’est ainsi que le plastique a engendré la culture du tout jetable.

Entre 1950 et 2017, le développement s’est transformé en malédiction. En effet, 9,2 milliards de tonnes de plastique ont été produites, soit plus d’une tonne par personne, souligne l’Atlas. La majorité représente des emballages à usage unique.

Les sols plus touchés que les océans

Après la prolifération vient la pollution. Le plastique est partout :

  • Dans les fleuves
  • Dans les océans
  • Dans les sols

Les fleuves reçoivent annuellement plus de 10 millions de tonnes de déchets plastiques, ce qui correspond au rejet d’un camion par minute. Les sols ingurgitent 4 à 23 fois plus de plastiques que les océans. Les polymères sont présents dans l’air sous les formes « micro » et « nano ». La matière atterrit dans l’estomac des cétacés et atteint la neige des banquises.

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L’homme en ingurgite environ 5 g par semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit. Pourtant, il renferme des produits toxiques dérivés du pétrole et du gaz. Les additifs présents sont des perturbateurs endocriniens générateurs de maladies, comme :

  • le cancer du sein,
  • la puberté précoce,
  • le diabète,
  • la stérilité,
  • l’obésité…

Les femmes plus affectées par le plastique

L’Atlas souligne la forte exposition des femmes au plastique. D’un point de vue purement biologique, le corps féminin cumule plus de graisse. L’organisme intègre des substances chimiques liposolubles (les serviettes hygiéniques composées à 90 % de plastique, les tampons avec 6 % de plastique…). Dans la société moderne, les femmes ont majoritairement la charge de trier dans les décharges, de manipuler les fibres synthétiques des usines textiles, d’où cette forte exposition… En Chine, les ouvrières des usines textiles souffrent de fausses couches.

Le document alerte l’opinion publique concernant le projet de construction de 300 unités de production de plastiques en vue de générer 40 % de plastiques de plus d’ici 2025. Par ailleurs, il estime que le recyclage n’est pas une solution à long terme, car limité, complexe et onéreux. L’unique espoir réside donc dans la limitation de l’usage du plastique.

Les mesures se multiplient

L’Atlas loue les perspectives lancées par la société civile, les communes et les entreprises respectueuses de l’environnement. Il compte 400 municipalités européennes porteuses de projets zéro plastiques. Dans une optique de développement durable, Jens Althoff de la Fondation Heinrich-Böll insiste sur la nécessité d’actions politiques à l’échelle nationale et internationale.

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En France, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire demeure critiquable, selon Laura Châtel, responsable du plaidoyer de Zero Waste France. Elle reproche un manque de contrainte. Pourtant, ces initiatives sont des « premiers pas intéressants ». Elle observe une volonté de changer et un message important du gouvernement adressé aux industriels.