Le plastique tue 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins chaque année

Lorsqu’on évoque l’écologie, on parle souvent de déforestation et d’émission de gaz à effet de serre. Pourtant les ravages du plastique sur la faune marine sont encore plus inquiétants. Ce sont 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins qui succombent chaque année à cause du plastique dans la mer.

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Différentes façons de tuer les animaux

De plus en plus de plastique et de microplastiques (moins de 5 mm) se déversent dans la mer. Ils contribuent de différentes manières à la mort des animaux marins. Tout d’abord, les oiseaux, les poissons ainsi que les mammifères prennent ces morceaux de plastique pour de la nourriture et n’hésitent pas à se servir. Non digérés, le plastique leur donne une sensation de satiété et ils arrêtent de se nourrir, dépérissant petit à petit. Autre façon pour le plastique d’influencer la survie des animaux : le filet en plastique. En effet, de nombreux oiseaux sont retrouvés morts étranglés par les filets ou se coincent l’aile ou la patte, des animaux marins se retrouvent avec une nageoire coincée entre les mailles du filet, causant ainsi leur déshydratation et finissent par mourir d’asphyxie.

Preuve de cette contribution importante du plastique dans la disparition de nombreuses espèces marines : une tortue verte retrouvée par un pêcheur a été amenée dans un centre de soins. Résultat des analyses : 13 g de plastique ont obstrué son estomac, ce qui équivaut à 20 pailles. En octobre dernier, un bébé tortue a été retrouvé avec 104 morceaux de plastique dans l’estomac, cause certaine de sa mort. Autre exemple, le 1er décembre 2019, un cachalot avait échoué sur une plage écossaise. Après nécropsie, on a relevé plus de 100 kg de plastique dans son estomac. Même des animaux qui se trouvent à plusieurs kilomètres de la civilisation connaissent le même sort. Dans les îles Midway, par exemple, des albatros morts étaient retrouvés avec différents plastiques dans l’estomac.

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Des chiffres alarmants

Chaque année, ce sont quelque 12 millions de tonnes de plastique qui se retrouvent dans la mer. Près de 75 % des déchets marins sont liés au plastique selon les chiffres du ministère de l’Environnement. Les estomacs de 94 % des oiseaux de la mer du Nord contiennent du plastique, ce qui représente 44 % des espèces d’oiseaux dans le monde. C’est également le cas de 43 % des mammifères marins et 86 % des espèces de tortues marines.

Au vu de ces chiffres, existe-t-il des risques pour l’espèce humaine qui les consomment ? Les scientifiques sont divisés sur la question. Pour certains, les quantités infimes de plastique ingérées sont sans danger pour l’homme. Pour d’autres, elles peuvent représenter un danger pour la santé. Les microplastiques deviendront des nanoplastiques qui pourront se glisser facilement dans les tissus ainsi que dans les organes.

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Des mesures mises en place

Devant cette menace que représente le plastique, il est temps de changer les habitudes de consommation. Il est important de diminuer la dépendance au plastique (sac en plastique, gobelets en plastique, etc.). Toutefois, le gouvernement a déjà mis en place des mesures qui visent à bannir progressivement le plastique du quotidien des Français dans le cadre de la nouvelle loi anti-gaspillage. Parmi ces mesures, la réduction de 50 % les ventes de bouteilles en plastique à usage unique d’ici 2030. À court terme, le gouvernement compte également interdire au plus tard le 1er janvier 2023, l’utilisation de contenants en plastique à usage unique pour les repas consommés sur place. Des dispositions ont déjà d’ailleurs été prises telles que l’interdiction de vente des contenants vides en plastique et des Cotons-Tiges ainsi que l’interdiction de distribuer des bouteilles d’eau en plastique dans les cantines scolaires depuis le début 2020.