L’électricité verte n’est pas réellement « verte »

La Transition énergétique se situe au cœur de tous les débats à l’heure où les énergies fossiles se raréfient. Pour inciter les consommateurs à se « mettre au vert », les fournisseurs multiplient les offres alléchantes d’électricité verte. Cependant, est-elle aussi écologique qu’elle le prétend ?

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En quoi consiste l’électricité verte ?

D’un point de vue général, l’électricité est dite « verte » du moment qu’elle est le fruit d’une longue procédure de conversion à partir des énergies renouvelables. En d’autres termes, la production énergétique repose sur l’exploitation de ressources naturelles, en l’occurrence :

  • l’eau et les centrales hydrauliques
  • le soleil et les panneaux solaires photovoltaïques
  • le vent et les éoliennes.

La « verdure » de l’électricité représente ses caractères écologiques et durables, car sa production n’a aucun impact, quel qu’il soit sur l’environnement.

Les combustibles fossiles, au même titre que le nucléaire, sont considérés comme des énergies épuisables. À l’inverse, les énergies renouvelables n’ont de cesse de se reproduire, à moins que la ressource elle-même ne s’épuise (ce qui est improbable pour l’énergie solaire et l’énergie éolienne). Dans le cadre de la transition écologique et le développement durable, les énergies vertes répondent à la problématique d’approvisionnement en énergie. Pourtant, son poids reste moindre sur le marché. Une étude du Service de la donnée et des études statistiques du Gouvernement montre qu’en 2017, la part des énergies renouvelables pour la consommation finale en France n’est que de 16,3 %. Malgré sa faible proportion, elle demeure un élément prometteur, car sa croissance est de 70 % par rapport à 1990.

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Comprendre les offres d’électricité verte

Nombreux sont aujourd’hui les fournisseurs qui proposent des offres d’énergie dite « à 100 % verte » sur le marché. En d’autres termes, les consommateurs pourront bénéficier d’une électricité puisée uniquement à partir d’énergies renouvelables. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. En effet, le fournisseur ne constitue qu’un simple intermédiaire entre le réel producteur, le gestionnaire du réseau et le consommateur final. Son rôle se cantonne à la distribution et non à la production. Il n’est pas en mesure de confirmer si l’électricité livrée provient réellement d’une ressource durable. À titre d’exemple, Enedis, le gestionnaire du réseau national d’électricité français est incapable de confirmer la provenance exacte de l’énergie consommée dans chaque foyer.

En outre, certains fournisseurs proposent des formules « vertes » en soutenant financièrement la production d’énergie à partir de ressources renouvelables. Dans ce cas, ils achètent des « certificats d’origine » à ces producteurs pour chaque kilowattheure consommé. À chaque fournisseur correspond une méthode spécifique de commercialisation. Pour distinguer les vrais fournisseurs verts et démasquer les escrocs, Greenpeace a établi une liste accessible sur son site, des meilleurs distributeurs. L’ONG alerte également les consommateurs sur certains fournisseurs qui « repeignent en vert l’électricité nucléaire ». Faisons toutefois observer que l’étude ne concerne que quelques distributeurs triés sur le volet.

L’autoconsommation, l’unique solution pour consommer de l’électricité verte

Le recours à l’électricité des fournisseurs n’est donc pas obligatoirement une très bonne idée si vous souhaitez vous reconvertir totalement au vert. Dans ce cas, la meilleure option est l’autoconsommation. Cette pratique est de plus en plus répandue chez les particuliers. Ils investissent dans des panneaux solaires photovoltaïques. Les progrès techniques et économiques réalisés dans la filière rendent maintenant ces dispositifs accessibles au grand public.

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L’autre alternative est de se tourner vers l’éolien domestique. Toutefois, l’option comporte certains risques au regard de son investissement. En effet, les prix d’un appareil domestique éolien avoisinent les 6 000 à 15 000 euros selon la puissance. Le tarif peut même grimper jusqu’à 40 000 euros pour l’approvisionnement d’une maison entière en électricité éolienne. Dans un souci d’économie, la meilleure solution est donc la combinaison solaire-éolienne.