Les consommateurs français redoutent les conditions d’élevage des saumons norvégiens

Le saumon est considéré comme le produit alimentaire le plus festif pour les fêtes de fin d’année. Sachant que la majorité du saumon français est importé de la Norvège, les consommateurs sont de plus en plus perplexes quant aux élevages intensifs pratiqués pour la production de cette denrée.

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Le saumon norvégien

Depuis 2015, la Norvège a occupé plus de 60 % de la production mondiale de saumon, avec plus de 1,3 million de tonnes de saumons d’élevage. Ce pays scandinave représente aujourd’hui le leader sur le marché international. La France est le premier pays importateur de ce poisson avec plus de 161 000 tonnes de saumons en 2012. D’ailleurs, 7 saumons sur 8 consommés sur le sol français sont issus des fermes d’élevage de la Norvège. Le pays compte 649 fermes sur 21 000 km de côtes. Pour des raisons écologiques, ce nombre doit diminuer. Bien que principal importateur, la France réalise par ses propres moyens le fumage du saumon. Cette opération est nécessaire pour améliorer son goût.

Le mode d’alimentation des saumons en Norvège

Afin d’alimenter les saumons d’élevage, il faut utiliser du poisson sauvage. Produire 1 kg de saumon exige 1,5 kg de poissons sauvage (sous forme de farine). Le régime alimentaire des saumons est composé de :

  • 54 % de farine de poisson
  • 30 % d’huile végétale
  • 11 % de pigment naturel
  • 3 % de vitamines de minéraux
  • 2 % de glucide
  • l’éthoxyquine (un antioxydant jugé toxique) qui maintient la qualité du produit lors du transport

Afin d’assurer la propreté des installations aquacoles, les filets sont nettoyés chaque semaine durant la période estivale. Tous les 18 mois, une mise en jachère des bassins est réalisée. L’opération s’étale sur 3 mois.

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Les différents traitements des saumons norvégiens

À titre préventif, les saumons sont vaccinés à la naissance, soit un mois environ avant leur transfert à la mer. Ces précautions évitent l’emploi d’antibiotiques qui portent préjudice à la santé des consommateurs et à l’environnement. En cas de maladie, les saumons sont mis en quarantaine. Puis, ils subiront un traitement spécifique après l’aval du vétérinaire. Si aucun changement ne se manifeste, ils seront détruits. Sinon, aucun saumon ne reçoit de traitement antibiotique préventif. Mais les élevages sont toujours la cible des poux de mer qui sont des parasites mortels. Pour prévenir leur prolifération, les pisciculteurs font usage de poissons-nettoyeurs qui sont placés directement avec les saumons. Dans certains cas, le pesticide diflubenzuron est utilisé. Cependant, ce produit est néfaste pour l’homme, souligne le rapport de l’association Greenwarrior. Pour éviter les risques, son usage est encadré par des vétérinaires.

L’élevage de saumon et le respect de l’environnement

Aujourd’hui, il n’y a que les saumons sauvages norvégiens qui profitent d’une labellisation MSC (Marine Stewardship Council ou Conseil pour la bonne gestion des mers). Quant aux saumons d’élevage, sa certification via l’Aquaculture Stewardship Council est toujours en cours. En tant qu’élevage intensif, la pratique a un fort impact sur l’environnement. En effet, les fèces des poissons dans l’eau contribuent aux développements des algues et donc à l’appauvrissement de la faune et de la flore marine. De plus, les conditions d’élevage négligent le bien-être et la santé mentale des poissons.

De surcroît, la production et le transport d’un kilo de saumon vers Paris génèrent 3 kg de CO2, équivalent à un trajet de 21 km dans une voiture neuve. Étant donné qu’un Français consomme 3 kg de saumon par an, l’activité génère donc une émission maximale de 9 kg de CO2, soit l’équivalent d’un trajet de 63 km par an en voiture.

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Méfiance de la part des consommateurs français

Au regard de ces chiffres, les consommateurs ont réduit leur consommation de saumon norvégien depuis novembre 2013. Selon Kantar Wordpanel, les ventes ont baissé de 25 % comparé à 2012. Les Français se sont orientés vers les saumons certifiés Agriculture biologique toujours en provenance de la Norvège. Le label assure des conditions plus écologiques, en l’occurrence :

  • Une alimentation d’origine végétale et bio
  • Une farine animale issue de pêcheries certifiées MSC
  • Une densité de peuplement de 10 kg par mètre cube, contre 50 kg dans les élevages intensifs