Les effets de la grève des incinérateurs sur l’environnement et sur les taxes

Les incinérateurs en région parisienne sont en grève depuis le 23 janvier 2020. Cela se fait ressentir non seulement en matière écologique par l’accumulation des poubelles, comme dans le 20e arrondissement, mais aussi sur le portefeuille des contribuables.

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L’enfouissement, appel à d’autres incinérateurs voisins…

Des sacs de détritus traînant sur les trottoirs, des poubelles débordant attendant d’être déchargées, etc. La grève des incinérateurs se fait ressentir de la pire des manières dans la région parisienne.

Depuis le premier week-end du mois de février, les saletés s’amoncellent dans les rues de Paris. Il faut même slalomer pour les éviter dans certains arrondissements.

Depuis le 23 janvier, les incinérateurs en grève ont arrêté six des sept fours d’incinération d’Issy-les-Moulineaux, d’Ivry-sur-Seine et de Saint-Ouen. Cette grève a été faite pour contester la dernière réforme de la retraite. Six mille tonnes de déchets journaliers des Parisiens et de la petite couronne n’ont pas été collectées, donc non incinérées.

Le Syctom, gestionnaire du traitement des déchets a donc dû faire incinérer une partie seulement des poubelles de ses contribuables chez les incinérateurs d’Île-de-France. Le reste a dû être enfoui dans des décharges.

Ceci représente une véritable catastrophe écologique d’après le Syctom.

Un retard conséquent dans la collecte de poubelles en France

L’enfouissement dans des fosses d’une partie des poubelles de la France, ne représente toutefois qu’une solution temporaire. Les camions-poubelles déchargent leur contenu dans ces fosses, avant que des camions de plus grande capacité viennent les collecter pour les amener vers les incinérateurs. L’arrêt de ces incinérateurs a par conséquent provoqué un remplissage rapide des fosses.

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La préfecture a décidé de réquisitionner du personnel sur une demande du Syctom pour assurer la gestion de ces fosses le vendredi 31 janvier. Les camions-poubelles ont donc pu continuer leur ronde de collecte des poubelles de la population. Ces dernières sont ensuite toujours déchargées dans les fosses.

À Paris cependant, le problème de débordement de poubelles a persisté. Si les 84 autres communes gérées par le Syctom ont pu voir enfin leurs poubelles ramassées, ce n’est pas le cas de Paris. La mairie a reconnu que certains trajets plus longs ainsi que la file d’attente pour le déchargement dans les fosses, retardent la collecte de poubelles dans certains arrondissements.

Paris rejette dans les trois mille tonnes de déchets au quotidien et un retard d’une journée se répercute sur les jours suivants. Il faut aussi prendre en compte le fait que depuis le 23 janvier, début de la grève contre la réforme des retraites, le blocage des garages et le refus de travailler des agents étaient fréquents. Le déblocage se fait à chaque fois avec l’aide des forces de l’ordre. Ce qui ne serait pas, semble-t-il, une répression musclée de la grève, mais une action motivée par des raisons d’ordre sanitaire et écologique. Paul Simondon, le chargé de la propreté à la commune de Paris demande au gouvernement de trouver une solution à ce problème qui le concerne pour résoudre tous les soucis qui en découlent.

Le déploiement de quarante bennes complémentaires et une réquisition des équipes de nuit peuvent assurer la prise en charge d’environ 1 800 tonnes de déchets par jour. Même avec la réquisition des deux fours d’Issy-les-Moulineaux, cela est cependant encore insuffisant pour désengorger la capitale qui étouffe sous les poubelles.

Une grève qui coûte cher

Le Syctom a prévenu dès le début de ce mouvement de contestation que cela reviendra cher aux contribuables. La prise en charge des poubelles amoncelées depuis le 23 janvier a déjà coûté dans les dix millions d’euros à la mairie qui la puise dans les poches de ses citoyens.

La taxe d’enlèvement des ordures domestiques devra inévitablement être revue à la hausse l’année prochaine pour compenser tout cela.

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Il se peut que tous les agents soient réquisitionnés. Auquel cas, a déclaré Julien Lambert de la CGT-Energie, les grévistes trouveront un autre moyen pour manifester leur opposition à cette réforme des retraites.