Les scientifiques peinent à expliquer l’odeur de soufre qui émane de l’Île-de-France et de Paris

« C’est incroyable ! », s’indigne Aurélie Solans, conseillère de Paris chargée de l’environnement, se sentant consternée de l’événement qui survient juste à l’aube du déconfinement de France. Depuis la nuit du dimanche 10 mai, le nord de l’Île-de-France et Paris ont, en effet, ressenti une forte odeur de soufre nauséabonde. Malgré les recherches approfondies, aucune réponse n’a été en mesure d’expliquer ce phénomène inhabituel.

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Les pompiers alertés par l’odeur de soufre

L’Île-de-France, une région pourtant calme et fortement axée sur l’écologie, est aujourd’hui submergée dans une vague d’odeur de soufre. Paris a également été touchée par cette puanteur. Les Franciliens adeptes des réseaux sociaux ont été les premiers à signaler cet étrange phénomène. Les pompiers ont, ensuite, enregistré une centaine d’appels de signalement. Ils ont été dans l’incapacité d’éclaircir la provenance de cet effluve désagréable de soufre. L’odeur s’est propagée jusqu’à Meaux (à 50 km à l’est de Paris) et à Melun (à 50 km au sud de Paris). Le lundi 11 mai, jour du déconfinement, l’émanation a gagné les Hauts-de-France et les Pays de la Loire.

Toutes les hypothèses sont avancées

Le phénomène a alimenté toutes les théories, même les plus fantaisistes. En outre, il proviendrait :

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  • de la source d’assainissement des eaux usées ;
  • d’un nuage de dioxyde de soufre venant de la Pologne ou de la Suède ;
  • d’une pollution atmosphérique ;
  • d’un écoulement des eaux de pluie ;
  • d’une pollution à l’oxyde d’azote causée par des orages ;
  • d’une pollution en dioxyde d’azote ou NO2 du nord de l’Europe.

Airparif, un organisme régional chargé de la surveillance de la pollution de l’air en Île-de-France, remet en question l’hypothèse de la pollution atmosphérique. En effet, les conditions météorologiques (précipitation et vent violent) ne peuvent favoriser un tel phénomène. Le mystère reste donc entier.

Les analyses sont en cours

Pour l’instant, les analyses n’ont pas encore justifié la présence de composé particulier (en l’occurrence de soufré), a annoncé la préfecture de Police francilienne dans un communiqué de presse publié le lundi 11 mai. Elle souligne également l’absence d’évènement ayant déclenché l’émanation. Selon les autorités, l’effluve pourrait être lié aux brassages des réseaux d’assainissement. Les fortes précipitations suivies de violents orages (depuis le samedi 9 mai en Île-de-France et à Paris) auraient provoqué une remontée des gaz de décomposition, d’après le premier adjoint de la capitale Emmanuel Grégoire.

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Aucune anomalie relevée après les enquêtes

Selon toujours Airparif, une forte émanation d’œuf pourri est une manifestation de la présence de sulfure d’hydrogène (H2S). Il s’agit d’un gaz facilement reconnaissable par son odeur particulière. Depuis ce phénomène, le SIAAP ou Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne a entamé un contrôle de son système, mais en vain. En effet, il n’a relevé aucune valeur anormalement élevée de gaz ayant une odeur de soufre dans les réseaux et les stations, précise-t-il dans un communiqué de presse à l’intention du grand public.