Les stations de ski face au réchauffement climatique

Le réchauffement climatique progresse à grands pas et les stations de ski en subissent déjà les terribles conséquences. En effet, la neige s’évapore. Sa disparition progressive condamne les activités de glisse dans les Alpes.

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Fermetures, conséquence directe du réchauffement des glaciers

Une fermeture prématurée a attendu le glacier des Deux Alpes durant l’été dernier (en début d’août 2019). La pénurie de neige a été la cause principale, conséquence de la canicule qui a sévèrement frappé le pays. Localisé à 3 600 m, le glacier recense sa première fermeture. Cependant, ce n’est pas un cas isolé, car le glacier de la Grande Motte à Tignes a également subi le même sort pour le même motif.

Cette vague de chaleur a menacé le sport de glisse en montagne, en l’occurrence le Grand Ski 2020. Pourtant cet évènement constitue une source de revenus pour le pays, notamment pour Chambéry, lieu où s’est tenu l’évènement du 21 au 22 janvier 2020. C’est en effet, le plus grand salon professionnel dédié au tourisme en montagne et aux sports d’hiver.

Les Alpes représentent une destination de prédilection des skieurs du monde entier. Ce phénomène désastreux a interpellé la Cour des comptes. Celle-ci a expliqué dans son rapport annuel l’impact du réchauffement sur les stations de ski. Durant ces 30 dernières années, Météo France a fait le bilan de l’accroissement sans précédent des températures dans le massif alpin. Il en a déduit une hausse de 2°C. Entre 1990 et 2017, le massif de la Chartreuse a perdu un enneigement de 30 %.

Adaptation des stations de basse et moyenne montagne

La pénurie de neige frappe inégalement les stations. Celles localisées en basse et en moyenne altitude sont plus enclines à subir les conséquences du réchauffement climatique. Parmi les victimes se trouvent les Alpes, destination phare des vacanciers d’hiver qui enregistrent 129 stations en activité, dont certaines en hiver et d’autres en été. Ces stations génèrent de bons revenus financiers et font vivre des centaines de familles. C’est pourquoi la réduction de l’enneigement devient problématique.

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Les fermetures contraignent les employés à rechercher d’autres sources de revenus. Les stations préfèrent organiser une saisonnalité différente. La station de Drouzin-le-Monte a été en mesure de sauvegarder son activité. Ayant souffert d’une insuffisance de neige et d’un manque de trésorerie, la petite entreprise a établi une stratégie de diversification des activités. Elle s’est tournée vers les pratiques qui ne demandent qu’un volume réduit de neige, activité baptisée « montagne douce ». Les stations nichées dans la Drôme ont pris exemple sur elle et ont développé des pistes de luges toutes saisons.

L’effet d’aubaine des stations de ski de haute montagne

Jouissant d’une localisation stratégique, les stations en haute montagne ont tiré profit de la situation. En voyant leurs concurrents mettre la clé sous la porte, elles se sont octroyé tous les bénéfices. Les clients se multiplient par centaines et les pistes ont profité de travaux de réaménagement.

Les infrastructures deviennent plus sophistiquées et les investissements s’accumulent. Selon une étude du journal des professionnels du ski Montagne Leaders en 2017, les placements dans les stations de ski ont connu une hausse significative depuis 1990, année de manifestation des premières conséquences sur le changement climatique.

La neige artificielle, une solution, mais à court terme

Pour lutter contre l’insuffisance d’enneigement, les scientifiques proposent les canons à neige et enneigeurs artificiels. Introduits sur le marché du ski en 1970, ils constituent une solution efficace pour combattre le phénomène dans les Alpes même si leur capacité reste limitée. À l’heure actuelle, ces outils ne peuvent en effet restituer que 32 % de la neige totale dans les surfaces skiables.

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Autre problème, et non des moindres, leur tarif demeure inaccessible à tous les budgets, car les coûts liés à l’aménagement et à l’acheminement de l’eau sont très élevés en montagne. Les grandes et moyennes stations sont de ce fait les uniques utilisatrices de tels engins.