Les voitures électriques à l’hydrogène, bientôt en circulation en France

Le cabinet de conseil international Sia Partners a réalisé récemment une étude sur la filière hydrogène énergie de France. Le rapport a démontré un intérêt croissant et un possible envol du marché de la mobilité à l’hydrogène. Voici ce que l’étude donne à retenir.

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L’hydrogène alimentera les voitures de demain

Jusqu’à présent, l’usage de l’hydrogène s’est limité dans le secteur industriel. Il sert à alimenter les activités industrielles, en l’occurrence : la production d’ammoniac, le méthanol, le raffinage des produits pétroliers et l’hydrogénation d’huiles alimentaires. Le cabinet de conseil prévoit un autre usage dans la mobilité H2. Sia Partners inclut tous les types de mobilité : les navires, le transport de passagers, les voitures utilitaires, les voitures légères, les trains, voire les camions. Dans cette perspective, les véhicules devront adopter une architecture de motorisation électrique alimentée par pile à combustible, qui convertit l’hydrogène comprimé en électricité.

Une vente à 2,5 millions d’ici 2030

Le marché est encore restreint en raison de sa dépendance envers la générosité du gouvernement. Cependant, la deuxième génération de véhicules électriques à l’hydrogène est déjà en circulation, ce qui laisse penser un éventuel envol du marché. Entre 2020 et 2030, le parc mondial de véhicules H2 pourrait grimper de 11 200 à 2,5 millions unités. Leur mise en circulation implique la construction de 376 stations, dont 35 en France. Cependant, les chantiers demandent un coût de construction avoisinant les 200 000 à 300 000 euros (pour les stations de petite taille) et de 1 à 2 millions d’euros (pour les stations de grande taille). L’aménagement d’infrastructure doit s’accompagner d’une réglementation stricte.

Les véhicules à hydrogène plus avantageux que les véhicules à batterie

La mobilité hydrogène, soutenue par Sia Partners, donne lieu à bon nombre d’avantages, dont l’autonomie. En effet, une voiture électrique à hydrogène est en mesure de parcourir 800 km, contre 300 km pour une voiture électrique classique. Le temps de chargement se situe entre 4 et 5 minutes, contre 1 à 10 heures pour une VE traditionnelle. Les VE à PAC (à hydrogène) ne pèsent que 150 kg, alors que la VE classique atteint 300 kg. Les inconvénients se réduisent aujourd’hui à l’envergure trop limitée du réseau d’approvisionnement en énergie et au faible rendement « du puits à la roue » : les VE à PAC affichent 30 % contre 70 % pour les VE à batterie.

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La mobilité H2

La France compte parmi les pays les plus engagés à la H2 ou à l’hydrogène. Elle se trouve au même rang que le Japon, la Corée du Sud, la Chine, l’Allemagne et la Californie. Le gouvernement français mobilise une enveloppe budgétaire de 50 millions d’euros pour financer les programmes de mobilité et de production. À l’horizon 2023, le pays projette la mise en circulation de 5 000 utilitaires légers, 200 véhicules lourds et 100 stations.

Rappelons que 2019 a été une année marquante dans la filière de la mobilité à l’hydrogène, qui a vu le lancement des premiers bus :

  • 6 à Lens-Houdin
  • 2 à Versailles
  • 8 à Pau

Pour cette année, le secteur est encore à la phase d’expérimentation. Les expériences sont réalisées dans le Grand Paris, au Mans, à Marseille–Fos-sur-Mer, à Belfort-Montbéliard. Entre 2021 à 2023 : Lyon, Dijon, Toulouse, Montpellier, Auxerre, Châteauroux et Chaumont prévoient l’intégration de bus à PAC.

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Le prix des voitures électriques à hydrogène

Les voitures électriques à hydrogène destinées aux particuliers sont encore rares. Pour cette raison, le prix est encore démesuré. Pour acquérir une VE dotée d’une pile à combustible, il faut débourser environ 60 000 euros. Heureusement, leur mécanisme permet à l’acheteur de bénéficier du bonus écologique de 3 000 euros, mais c’est encore très loin du compte !