L’hydrogène : à l’assaut du secteur des voitures électriques

En 2050, la France devra avoir atteint la neutralité carbone visée par les Accords de Paris. Elle reléguera définitivement les véhicules thermiques aux oubliettes laissant la place à l’électricité ou à l’hydrogène. Selon Jean Fauconnier, consultant chez Colombus Consulting, l’hydrogène a bien des atouts à faire valoir en matière de mobilité individuelle électrique. L’hydrogène peut déjà s’imposer face à l’électrique sur batterie. Les acteurs de ce domaine doivent tout simplement réunir leurs investissements pour y arriver.

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Les constructeurs encore indécis sur leur choix

La voiture à batterie semble être promise à un bel avenir en tant que remplaçante des véhicules thermiques. L’hydrogène tente de son côté de se faire une place au soleil et se lance sur ce marché à prendre.

Les constructeurs pour leur part, avouent avoir mis l’accent sur l’électrique. Cela ne signifie cependant pas que c’est terminé pour l’hydrogène : une part significative de leurs investissements est quand même dédiée à l’hydrogène.

Les solutions qui vont finir par l’emporter n’ont donc a priori pas encore été tranchées.

L’autonomie, le temps de recharge, le coût, autant de paramètres à considérer

Les voitures électriques à batteries disposent d’une autonomie suffisante, mais encore moindre en comparaison avec celle qu’offre l’hydrogène pour un temps de recharge quasiment identique à celui du plein d’une voiture à essence. L’hydrogène se met même au vert pour mieux supplanter son rival, l’électrique sur batterie. Il est considéré comme écologique lorsqu’il est produit par électrolyse de sources décarbonées.

En technologie, tout ce qui est nouveau est généralement coûteux. Cela se confirme dans le cas de l’hydrogène, cependant son coût de fabrication tend à se réduire selon une étude BNEF.

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Considérant les infrastructures requises, la mise en place d’une station de recharge en hydrogène revient à environ un million d’euros. Ce qui représente un prix vingt fois plus élevé que celui d’une station de recharge pour des véhicules électriques. Or, pour convaincre le public de basculer vers l’hydrogène, il faudra mettre en place tout un réseau l’ensemble du territoire.

Le premier arrivé s’emparera de la plus grande part du marché

La première solution qui sera capable de se doter du plus grand réseau de recharge sera celle qui trustera la plus grande part du marché de l’automobile pour particuliers. Il faut également tenir compte du fait que l’offre est créatrice de demande.

D’ailleurs, l’importance des investissements effectués ne permet pas aux constructeurs automobiles ainsi qu’aux acteurs de la recharge de réaliser un revirement vers une autre solution une fois engagés sur la voie sélectionnée. Cela serait un immense désastre financier pour tous les acteurs du domaine de l’automobile.

Ce qui fait qu’à présent, compte tenu des réalités sur le terrain, c’est la mobilité électrique qui va certainement l’emporter face à l’hydrogène. Volkswagen a pour sa part déjà investi 33 milliards d’euros sur cinq ans, si Ford Motor Company ou FCM en a mis onze. Enedis quant à elle, a débloqué dans les 350 millions d’euros annuels comme participation à la mobilité électrique d’ici 2035.

Une indispensable mutualisation des coûts

La cherté de l’hydrogène reste toutefois relative, car si les coûts sont mutualisés entre plusieurs acteurs, la facture finale en serait fortement allégée. Cela est tout à fait possible dans les hubs de transport où les mouvements continus des véhicules de toutes sortes permettront de rentabiliser rapidement l’investissement effectué. Les gestionnaires de flottes seront les principaux gagnants de la démocratisation de l’hydrogène.

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C’est sur cette stratégie que tablent Air Liquide, IDEX, la société du Taxi électrique parisien ou STEP et Toyota qui ont mis sur pied « Hysteco ». Cette société agit pour la démocratisation de l’hydrogène en France avec déjà quatre stations de recharge d’hydrogène à leur actif. Elle œuvre aussi pour le développement de la compagnie de taxis mus à l’hydrogène appelée « Hype », propriétaire d’une flotte d’environ 600 voitures.