L’impact des blocages de raffineries dans les stations-services

Les blocages de raffineries et de dépôts sont pratiques courantes sur le sol français. En effet, le pays a déjà enregistré plusieurs cas similaires depuis ces 25 années. Bien que les conséquences soient directes, la pénurie ne peut être que temporaire.

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Chronologie des blocages de raffineries depuis ses 25 dernières années

Depuis ces 25 ans, plusieurs blocages de raffineries ont été enregistrés. La première a eu lieu le 30 juin au 8 juillet 1992 pour combattre le nouveau permis à point. Un accord pour l’aménagement du permis à point a cessé les manifestations. Puis, les chauffeurs ont bloqué les raffineries du 18 au 30 novembre 1996 afin de contrer la retraite à 55 ans. Un autre blocage s’est tenu le 2 au 7 novembre 1997. La grève s’est terminée par une hausse des rémunérations des salariés.

Le 7 septembre 2000, 80 % des stations-services ont été en rupture totale et partielle. Néanmoins, une réduction de la taxe pétrolière a conclu l’affaire. Pour combattre le prix excessif du gazole, plusieurs mouvements se sont succédé en 2000, en 2004 et en 2008. En 2010, le mouvement de protestation contre la réforme des retraites a provoqué un blocage des raffineries. En 2016, la loi Travail a encouragé le blocage de quelques raffineries le 17 mai 2016. Le 26 mai, c’est plus d’un cinquième des stations-services qui ont été en rupture de stock. Un autre mouvement de blocage de raffinerie a été enregistré en 2017, les 25 et 26 septembre. Pour finir, en 2018, les manifestants contre les importations d’huile de palme ont bloqué les raffineries et les dépôts de carburants entre le 10 et le 13 juin 2018.

Les conséquences du blocage des raffineries sur les stations-service

La CGT-Chimie a appelé à un blocage des raffineries, des dépôts et des terminaux pétroliers depuis le mardi 07 jusqu’au vendredi 10 janvier 2020. Cette manifestation s’inscrit dans la lutte contre la réforme des retraites.

Comprendre l’approvisionnement de carburant dans le pays

Les foyers français consomment 42 millions de tonnes de carburant annuellement. La France a enregistré une hausse significative des ventes de véhicules diesel, ce qui a rehaussé les besoins en carburant. Pour satisfaire cette demande, les raffineries ont été obligées d’importer la moitié du gazole aujourd’hui en usage. Cependant, un tiers de l’essence raffinée dans le pays est destiné à l’exportation, selon l’UFIP (Union française des industries pétrolières).

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Après la transformation dans les 8 raffineries, les produits pétroliers sont acheminés par des oléoducs ou par des trains vers les 200 dépôts éparpillés à travers le territoire. Ces derniers transportent ensuite les produits dans les 11 000 stations-services au moyen des camions. Une petite partie des stations est implantée dans les moyennes et grandes surfaces.

La mise en hibernations des raffineries

En cas de blocage, les raffineries sont mises en hibernation pendant des jours, d’après l’UFIP. En matière de dépôts pétroliers, les conséquences sont certes directes, mais supportables. À l’instar de celui de Brest, le blocage peut provoquer une pénurie de fioul, d’huiles, d’essence et de quelques additifs. Les distributeurs devront compter sur les importations pour s’approvisionner. Il faut rappeler que le site brestois produit pour les pétroliers russes, finlandais et lituaniens. Il dépanne également 3 départements de la pointe bretonne.

Dans le cas d’un blocage des dépôts pétroliers, des pénuries temporaires peuvent faire leurs apparitions dans les stations-services pendant 2 jours. Dans tous les cas, il suffit du terme pénurie pour provoquer la panique chez les automobilistes.

Les automobilistes

De manière générale, une station-service peut approvisionner les consommateurs pendant 2 à 3 jours. Cependant, un brusque changement d’habitude des automobilistes peut assécher le stock de carburant en seulement quelques heures. La CGT-Chimie souhaite semer un vent de panique pour inciter les automobilistes à faire immédiatement le plein.

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Les éventuelles mesures étatiques

Pour éviter la pénurie de carburant, l’État pourrait décider une mesure de rationnement de carburant. Il peut également réquisitionner des stations-services pour les cas d’urgence. Il peut imposer le respect du code de la route, en l’occurrence la liberté de débloquer les dépôts et les raffineries. En cas de prolongation de la grève, les opérateurs privés pourront utiliser les stocks stratégiques qui seront ouverts grâce à une autorisation gouvernementale. Instaurées en 1988, ces réserves sont prises en charge par la Sagess ou Société Anonyme de Gestion des Stocks de Sécurité.