L’usage de 2 pesticides désormais interdit en France

Les abeilles sont aujourd’hui la cible d’un danger mortel involontaire causé par l’usage massif des insecticides contenant du néonicotinoïde (une classe de produits très nocive pour les insectes). En effet, cette substance a déjà provoqué le déclin des bourdons en 2013, obligeant ainsi l’UE à interdire l’usage de cet élément. Aujourd’hui, le danger persiste, car les insecticides contiennent une nouvelle génération de néonicotinoïdes. Ces ingrédients se retrouvent encore dans des pesticides en libre circulation. C’est pourquoi une initiative a été prise par le tribunal de Nice afin d’éviter la disparition des abeilles des grandes cultures.

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La présence de composants fatals pour les abeilles

Le tribunal administratif de Nice a interdit l’usage et la distribution sur le marché de 2 insecticides dénommés Closer et Transform. Ces produits contiennent en effet du sulfoxaflor, un élément qui se rapproche des néonicotinoïdes. Soulignons que tous les produits contenant cette substance sont formellement interdits. Ce verdict a été agréé par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Le jugement a été publié le mercredi 4 décembre 2019. Rappelons que ces insecticides sont d’origine américaine.

L’usage de ces pesticides dans les grandes cultures

Rappelons qu’après avoir obtenu l’aval de l’agence nationale, les insecticides ont été utilisés pour combattre les pucerons dans les grandes cultures, les champs de légumes et de fruits (grâce à la présence du sulfoxaflor). Ils ont été répandus dans les terrains en se limitant à une dose chaque année et au plus tard 5 jours avant le début de la floraison. Pour réduire les dangers de contamination, le fabricant avait recommandé cette mesure d’atténuation. Cependant, le tribunal a jugé cette initiative trop légère pour garantir l’absence de risque.

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Les conséquences néfastes de ces ingrédients

Selon le tribunal, le sulfoxaflor est un élément dangereux pour les insectes, notamment les abeilles pollinisatrices. Le composant impacte sur le système nerveux central de ces bêtes, ce qui provoque un affaiblissement de leur capacité d’orientation, de mémorisation et d’apprentissage. Dans le pire des cas, les abeilles en viennent à mourir sous l’effet de ce produit toxique. D’ailleurs, une étude de 2016 a révélé un danger mortel d’imidaclopride pour 50 % des butineuses à cause de l’usage de ces éléments chimiques. Durant cette même période, 12 % des parcelles étudiées ont manifesté une contamination et 20 % présentaient un risque de mortalité. De plus, les résidus de néonicotinoïdes sont susceptibles de nuire à la culture et au rendement.

Une démarche lancée depuis septembre 2017

Rappelons que l’Anses a donné son accord sur la commercialisation de ces produits en septembre 2017. Cette autorisation a provoqué le mécontentement et la protestation des apiculteurs français. En effet, les manifestants ont condamné le caractère néfaste de ces ingrédients sur les insectes pollinisateurs. À cette époque, un recours avait déjà été introduit par les associations environnementales françaises, sans résultat. Pour riposter à cette démarche hostile, le fabricant de pesticide américain Dow AgroSciences a nié les faits en déclarant que le sulfoxaflor est respectueux de l’environnement. Pour justifier sa décision d’interdire ces pesticides, le tribunal a finalement souligné l’incertitude concernant l’innocuité des produits. De plus, il a conclu que l’accord délivré ne constitue en aucune manière un justificatif de l’absence de danger pour les insectes.

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Une leçon à tirer

Après ce regrettable incident, le directeur d’une association française agréée par le ministère de l’Écologie a demandé plus de vigilance de la part de l’Anses. En effet, il estime que de nouveaux produits à base de néonicotinoïdes sont toujours en libre circulation sur le marché malgré leur interdiction de vente depuis la loi biodiversité promulguée le 8 août 2016. De plus, précisons que la disparition des abeilles pourrait entrainer de terribles conséquences écologiques et économiques (disparition des plantes, effondrement économique, rupture de la chaîne alimentaire…)