Lutte contre le plastique : les marchands de fruits et légumes s’indignent en France

La France génère 3,5 millions de tonnes de déchets plastiques chaque année. D’après la Fnade (Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement), seules 300 000 à 400 000 tonnes font l’objet d’un recyclage. Face à ce phénomène, l’article 77 de la loi relative l’économie circulaire a tranché. Il interdit les conditionnements des fruits et légumes en matière plastique. La règlementation entrera en vigueur le 1er janvier 2022. Cependant, elle alimente déjà les mécontentements auprès des marchands.

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La loi controversée de l’interdiction d’usage du plastique

Cela fait bien des années que les activistes ont réclamé l’adoption de lois contre l’usage en excès du plastique. En effet, ces matières tant controversées s’engouffrent dans les océans et empoisonnent la faune marine. Afin de résoudre le problème du plastique, le gouvernement français a validé la loi du 10 février 2020 numéro 2020-105. Cette règlementation entre dans le cadre de la lutte contre le gaspillage et contribue à l’économie circulaire. Elle interdit notamment l’utilisation du plastique dans les modes de conditionnements.

Malgré ses bonnes intentions, cette loi interpelle les opérateurs de l’agroalimentaire. Plus précisément, l’article 77 de cette loi suscite la controverse. Cette disposition spécifique de la règlementation condamne le conditionnement en matière plastique des fruits et légumes non transformés. Ces aliments doivent être l’objet d’une vente en détail. Le conditionnement par plastique est uniquement autorisé sur les fruits et légumes par lots de 1,5 kg ou plus. Par la même occasion, la loi rappelle le risque de détérioration des marchandises en cas de vente en vrac.

Une décision précoce

Depuis cette promulgation, la consommation de fruits et de légumes a grimpé. Les Français sont devenus très friands de carottes, de choux-fleurs et de pommes de terre. Les produits sont emballés entre 750 g à 1 kg dans des sachets. Ces récipients ne contiennent qu’une faible teneur en plastique (environ à 1 %). Pourtant, l’État prévoit l’interdiction de ces types de conditionnement prochainement. Les commerçants martèlent qu’il n’existe encore à ce jour aucun matériau de substitution en mesure de remplacer le plastique en 2022. Ils jugent cette décision prématurée, voire inutile. Néanmoins, les marchands se disent prêts à accepter d’autres types de conditionnements à même de faire office d’emballages écologiques.

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Les avantages du plastique

Malgré ses nombreux points négatifs sur le plan environnemental, le plastique demeure un récipient pratique, selon les commerçants. En effet, la matière offre une protection optimale des marchandises contre les risques externes. Le conditionnement des pompes de terre primeur justifie son utilité. Le plastique microperforé prolonge la qualité du produit. Celui-ci se conserve plus longtemps, maintient sa fraîcheur et sa saveur.

Aussi, l’interdiction de l’usage du plastique encourage la vente en vrac. Cependant, cette méthode de commerce porte préjudice à la santé publique, à l’heure où la France est sur le point de faire face à une épidémie de Covid -19. Le produit en grande quantité sera amené à une succession de manipulations de plusieurs points de vente, ce qui rehausse d’autant le risque de propagation du virus. Pour finir, certains commerçants peu attentifs ont tendance à déstocker les aliments de mauvaise qualité avant de passer aux produits frais. Cette tromperie peut être évitée avec l’usage du plastique.

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Bonnes intentions ou précipitation ?

Les commerçants appellent à un renforcement des mesures, dans un premier temps. Puis, ils demandent une consultation avec les acteurs concernés avant la promulgation d’un amendement de « dernière minute » concernant l’usage du plastique en guise d’emballages. Ils estiment que le législateur se doit de différencier les bonnes intentions et la précipitation, et dénoncent un texte de loi hâtif qui porte atteinte à la rentabilité de leurs activités.