Nouvelle mission sénatoriale d’informations sur l’impact environnemental du numérique

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a mis en place, le 29 janvier dernier, une mission d’information chargée de jauger les impacts du numérique sur l’environnement. Une table ronde organisée autour de MM. Frédéric Bordage, de GreenIT.fr et M.Hugues Ferreboeuf du Think-tank The Shift Project a traité du thème.

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Les membres de cette nouvelle mission d’informations

La nouvelle mission sénatoriale d’informations sur l’impact environnemental du numérique compte au total 14 membres, 14 élus issus de toute la France :

  • M. Patrick Chaize, le président
  • M. Guillaume Chevrollier, rapporteur
  • M. Jean-Michel Houllegatte, rapporteur
  • M. Joël Bigot
  • M. Jean-Marc Boyer
  • Mme Marta de Cidrac
  • M. Ronan Dantec
  • Mme Martine Filleul
  • M. Alain Fouché
  • M. Guillaume Gontard
  • M. Jean-François Longeot
  • M. Frédéric Marchand
  • Mme Françoise Ramond
  • Mme Nadia Sollogoub

Le développement du numérique à freiner

Le règne du numérique est sans fin d’après l’avis des experts. Selon Hugues Ferreboeuf, expert au think tank The Shift Project, un Américain possède en moyenne 13 appareils numériques. Si la tendance continue, le chiffre augmentera jusqu’à 50 dans 10 ans. Toujours selon H. Ferreboeuf, si cette situation persiste, le numérique sera la principale source d’émission de gaz à effet de serre, au même titre que le secteur de l’automobile d’ici 25 ans. Frédéric Bordage, fondateur de GreenIT.fr, a tenu à préciser que le principal impact du numérique sur l’environnement repose sur les terminaux eux-mêmes ou plus précisément sur les minerais utilisés dans leurs fabrications. Comme nous sommes des drogués du numérique, la demande ne cesse de croître. A ce rythme, d’ici 30 ans, les matières premières utilisées dans la fabrication de ces terminaux seront épuisées.

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Les objectifs de la mission

Cette mission sénatoriale nouvellement mise en place aura pour principal objectif de faire une évaluation systématique des avantages environnementaux des services numériques. Cela permettra de jauger et surtout de rééquilibrer leurs impacts sur l’environnement et les solutions qu’ils apportent à notre quotidien, selon Patrick Chaize, président de cette nouvelle mission d’information. Elle aura également pour mission de fournir les données nécessaires aux pouvoirs publics pour mettre en place des outils qui permettront de mettre fin aux stratégies marketing en charge de manipuler les consommateurs et les amener à dépendre encore plus du numérique. Ce sont d’ailleurs des pratiques fréquentes chez les professionnels du numérique et  déjà pointées du doigt par certains psychologues et neurologues.

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Les solutions déjà avancées

Les deux experts interrogés par la commission ont déjà pu faire quelques analyses et trouvé quelques solutions au développement croissant du numérique et de ses éventuels impacts sur l’environnement. Selon M. Ferreboeuf, la seule solution à ce problème pour enfin s’accorder aux objectifs de l’Accord de Paris est « la sobriété ». Selon cet expert, c’est le seul moyen de ramener le taux de croissance numérique à 15 % au lieu du 25 % actuel. Frédéric Bordage, pour sa part, a insisté sur l’importance de bien choisir l’usage qui sera celui de ces terminaux numériques. Aujourd’hui, le loisir est le premier usage des téléphones et tablettes et ce, depuis 2015. C’est pour cela que l’on est aujourd’hui submergé par toujours plus de modèles avec des écrans plus grands, avec toujours plus de fonctionnalités, si bien que le nombre de terminaux dépasse maintenant le nombre d’individus. Interrogé sur le déploiement du réseau 5G, cet expert de GreenIT.fr a insisté sur le fait que la 5G n’était pas nécessaire pour 98 % des utilisations des terminaux numériques. Et M. Ferreboeuf a ajouté que la 5G n’apporterait aucune innovation majeure, autre que pour le loisir.