Période électorale française : une publicité de Greenpeace jugée trop sensible a été censurée

Outre les actions concrètes sur le terrain, Greenpeace multiple les campagnes à travers les médias. En vue d’alerter l’opinion publique face à l’urgence climatique, l’ONG a voulu partager une publicité provocante suivie d’une vidéo dans les lieux publics. Toutefois, les responsables diffuseurs ont jugé les contenus « trop sensibles ».

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Les discours ne suffisent pas

Une nouvelle campagne publicitaire de Greenpeace montre l’image d’un glacier en plein effondrement. Chaque morceau de glace est représenté par les mots « bla-bla-bla ». Dans l’affiche se trouve la phrase : « Face à l’urgence climatique, les discours ne suffisent pas », suivie de l’affirmation « le gouvernement doit agir », ce qui ne manque pas d’interpeller les autorités. La publicité dévoile également des rescapés en bateau, pendant que le reste s’engouffre dans les eaux toujours avec les mots « bla-bla-bla ». La campagne se termine par un appel à l’action : « Mobilisons-nous pour mettre un terme à l’inaction des décideurs politiques ».

Affichée à partir du lundi 2 mars à Toulouse, à Lyon, à Lille, à Bordeaux et à Montpellier, la nouvelle publicité cependant, sera absente des métros parisiens. En effet, la régie publicitaire Mediatransports (une filiale du groupe Publicis) a refusé l’affiche. L’entreprise entend monopoliser à fond les espaces publicitaires qui équipent les transports collectifs de l’Île-de-France. Greenpeace pourtant se démène beaucoup afin de faire apparaître ses campagnes publicitaires sur les bus, autour des quais du métro et du RER. Cette forte mobilisation progresse dans l’attente de la nouvelle marche pour le climat du 14 mars.

Devoir de neutralité

La directrice juridique de la régie Mediatransports, Sylvie Doerflinger, explique les raisons de ce refus. Le contrat entre l’entreprise, la RATP et la SNCF interdit formellement la diffusion de publicités à connotation politique. Aussi, la société doit respecter son devoir de neutralité. Le partage de la campagne qui fait état de reproches sur « l’inaction du gouvernement » et des « décideurs politiques » constituerait une infraction au contrat.

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Bien entendu, le directeur général de Greenpeace France n’est pas du tout du même avis. Il pense qu’il a bien respecté des limites dans la dénonciation des politiciens. Il s’indigne de cette censure et constate que le droit de diffusion de messages à caractère climaticide est pourtant permis tous les jours dans le métro. Le directeur fait référence aux publicités qui vantent les compagnies aériennes et les SUV, publicités qui « ne choquent personne » alors qu’elles font l’apologie des deux plus gros postes de pollution dans le monde.

Les films encore dans les cartons

Notons que l’affiche s’accompagne d’une vidéo que Greenpeace a voulu diffuser dans les salles de cinéma. Toutefois, les contenus graphiques restent encore dans les cartons. Le directeur général de Sep Publicité (une régie en charge de la gestion des réclames locales diffusées dans les salles) est en pleine appréhension à cause de la période préélectorale. Il affirme que : « on a un peu le bras qui tremble ». Il attend l’avis de l’autorité de régulation de la publicité avant de passer la vidéo de Greenpeace.

Une vidéo agressive

La vidéo est constituée de plusieurs séquences qui mettent en exergue l’état actuel du climat. Évidemment, les scénarios sont une suite de catastrophes naturelles en tout genre : des tornades, des incendies, des inondations… Elle accentue également les « bla-bla-bla » en glace, en plastique, en métal et en bois. Ces mots sont emportés par les rafales, brulés par les incendies et engloutis par des inondations.

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Pour peaufiner le tout, Greenpeace a implanté les propos ambitieux concernant le climat sous les régimes de Nicols Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. L’association met l’accent sur le fossé entre les discours élogieux et la réalité.