Pollution de l’air : cause de plus de 6 000 décès tous les ans à Paris ?

Est-il exact que la pollution de l’air est à l’origine de 6 600 décès par an dans la capitale et les villes voisines ? Du moins, c’est ce que Benjamin Griveaux a prétendu durant une audience de campagne. Les femmes et hommes politiques évoquent très souvent ce nombre. Est-il fondé ?

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Un chiffre énoncé depuis déjà quelques années

Le lundi 27 janvier 2020 au théâtre de Bobino, Benjamin Griveaux a entrepris sa première réunion dans le cadre de la campagne des municipales, en présence de quelques membres du gouvernement. Le candidat a présenté son projet pour la capitale. L’amélioration de la qualité de l’air compte parmi ses principaux objectifs.

Selon ses propos, la ville devrait mieux veiller sur les enfants, en commençant par changer la qualité de l’air que ces derniers respirent. Tous les ans, 6 600 personnes décèdent à Paris et dans les villes environnantes à cause d’affections respiratoires. Ce nombre est deux fois plus élevé que celui des décès sur les routes de l’Hexagone. Cet argument, Benjamin Griveaux l’a déjà utilisé par le passé.

Durant le mois de mai 2019, il a indiqué qu’à Paris et dans les localités limitrophes, la ville créait des handicapés respiratoires à perpétuité. À l’époque, il avait déjà précisé que tous les ans, la pollution provoque 6 600 décès précoces, ce qui équivaut à deux fois plus que les décès sur la route.

Cet ancien secrétaire d’État n’est pas l’unique personnage politique à parler de cette cause importante de décès à Paris. Anne Hidalgo l’a déjà avancé en juillet 2016, en soulignant que 6 600 décès annuels de la métropole du Grand Paris sont dus à la pollution de l’air.

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Une question se pose : d’où provient cette information ? Selon le président de la Métropole du Grand Paris, Patrick Ollier, cette donnée émane d’une étude que l’Observatoire régional de santé a réalisée. De son côté, l’Observatoire affirme que ce chiffre provient d’une étude d’impact de l’exposition chronique à la pollution sur le nombre de décès dans l’Hexagone. Cette étude menée en collaboration avec Santé publique France remonte au mois de juin 2016.

À la différence de ce que Benjamin Griveaux a indiqué, ce nombre de morts ne se rapporte pas uniquement aux maladies respiratoires : la pollution a aussi un impact important sur le système cardiovasculaire.

Plusieurs milliers de décès prématurés évités sans pollution atmosphérique

La réalité est que les chiffres présentés par l’étude sont évalués sur un plan régional. Aucune information détaillée n’est fournie pour la capitale et sa petite couronne. Mais, dans une situation où il n’y aurait pas de pollution atmosphérique et où la qualité de l’air au sein de la France continentale serait semblable à celle des villes où la pollution est moindre, le nombre de décès évités tous les ans dans l’Hexagone serait de 48 000, dont 10 200 concerneraient l’Île-de-France. Cela pourrait équivaloir à une réduction de 15 % de la mortalité en Île-de-France et de 9 % en France.

À ce jour, cette situation serait impossible à préserver en région parisienne. Dans la capitale, si la pollution anthropique était nulle, 2 241 décès seraient évités. Si les directives de l’OMS étaient respectées, en l’occurrence des niveaux de Particules en suspension (PM 2,5) inférieurs à 10 µg/m³, le nombre de morts évités s’élèverait à 1 604.

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Bref, il a bien été prouvé que malheureusement la pollution de l’air serait véritablement la cause de plusieurs milliers de décès à Paris. Mais en suivant les recommandations par rapport au niveau de PM 2,5, la mortalité française pourrait effectivement être revue à la baisse. Est-ce possible ? Cela dépendra de la pollution anthropique et des efforts communs en faveur de la transition écologique.