Possible instauration de droits d’accès aux parcs nationaux français

Des spécialistes, encore minoritaires, avancent la possibilité d’instaurer un ticket d’accès payant aux parcs nationaux. Cette pratique est déjà très répandue en Corée du Sud, au Chili, au Costa Rica et aux États-Unis, alors pourquoi pas en France ?

Pub

Un manque de moyen des parcs nationaux

Le président de la République a attendu le jeudi 13 février 2020 pour annoncer les mesures de protection du massif du Mont-Blanc. Au cours du 4e Conseil de défense écologique, Emmanuel Macron a annoncé la création de 4 nouveaux parcs naturels régionaux. Cependant, il a omis de préciser quels seront les engagements financiers étatiques qui en seraient le corollaire. Soulignons en effet que les parcs nationaux français souffrent aujourd’hui d’un manque criant de moyens. Pour limiter les effets d’une « fréquentation hors de contrôle », les responsables proposent un accès payant à certains espaces naturels protégés.

En d’autres termes, payer un ticket deviendrait obligatoire pour profiter d’une randonnée en famille ou entre amis dans un parc national. Dans les autres pays, les droits d’entrée occupent la moitié de la trésorerie des parcs. Toutefois, la perspective sonne comme « un tabou » sur le sol français, d’après Gilles Martin, président du conseil scientifique du parc national de Port-Cros dans le Var.

Face à cette proposition, Simon Jolivet a réalisé une étude juridique. Il avance : « payer son entrée dans un musée naturel n’est pas anormal ». Selon lui, « la réflexion a été bridée, sans que l’on s’en rende compte ».

Obtenir des financements

Le Ministère de la Transition énergétique est responsable de la gestion des parcs nationaux. Selon Simon Jolivet, c’est « l’un des ministères à payer le plus lourd tribut à la réduction des dépenses de l’État ». Les syndicats ont condamné la création de 2 parcs nationaux en 2012 dans les Calanques de Marseille et en Bourgogne. Le projet s’est enclenché sans une hausse du budget alloué. Par conséquent, le Commissariat général au développement durable ou CGDD a cherché de nouvelles pistes de financements des espaces naturels.

Pub

Le cercle de réflexion rattaché au gouvernement a avancé la nécessité d’un droit d’accès. L’initiative étant délicate, les experts ont suggéré une période de réflexion du gouvernement. Durant sa fonction de ministre, Nicolas Hulot avait également confirmé l’intérêt du projet dans son plan biodiversité.

Accéder à la nature est un principe culturel français

Le droit d’accès aux parcs est devenu l’objet de nombreux débats. Le Syndicat national de l’environnement (SNE-FSU) s’indigne de cette décision. Il en est de même pour la CGT-Environnement. Ces professionnels de la protection de la nature martèlent que : « nous sommes un service public, nous ne sommes pas là pour faire payer des entrées ».

Le sénateur de la Somme Jérôme Bignon a soutenu leur argument, « cet accès de tous à la nature, c’est un principe culturel français ». Dans le cas contraire, il craint que les gens ne viennent plus pour marcher dans la Vanoise ou se baigner à Porquerolles pour des raisons financières.

Une initiative controversée

Gilles Martin avance la possibilité de mettre en place des catégories de tarifs, même si le projet reste tabou pour le personnel des parcs. Frédéric Goulet, agent au parc national des Écrins et responsables SNE-FSU, estime que la fiscalité écologique doit être étudiée avant de penser au droit d’accès des parcs nationaux.

Pub

Il faut noter que le parc national de la Guadeloupe impose déjà un ticket à titre onéreux pour admirer les chutes du Carbet (un site protégé). L’entrée coûte 2,5 euros pour un adulte. Grâce au système, l’espace propose des services supplémentaires, en l’occurrence : des aires de pique-nique, des belvédères d’observation et des toilettes.