Pourquoi Fessenheim a-t-il été fermé ?

La première fermeture d’un réacteur nucléaire en France a été effective le 22 février dernier. La seconde est prévue pour le 30 juin prochain. L’arrêt n’a pas donné lieu à des mesures sur les plans économiques et sécuritaires. L’évènement, initié sous la présidence de François Hollande, est certes salué par les écologistes, mais pose problème quant à l’avenir du pays concernant l’approvisionnement en électricité.

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Les centrales nucléaires moins pollueuses

La filière nucléaire ainsi qu’EDF ont été l’objet de nombreuses attaques ces dernières années. La pression des Verts et des Socialistes a finalement eu gain de cause. Cette fermeture représente une grande perte d’un point de vue économique et fiscal. Cependant, le gouvernement trop préoccupé par ailleurs ne semble pas pouvoir y prêter attention.

Les partisans antinucléaires ne veulent pas tenir compte du faible impact des réacteurs sur l’environnement. Ces derniers sont moins pollueurs que les centrales au charbon et au gaz. De crainte d’un accident nucléaire, les écologistes ont multiplié les pressions pour le démantèlement de la filière. Cependant, ils se désintéressent de son importance dans le mix énergétique et la maîtrise de l’énergie. Pressé d’atteindre les objectifs de neutralité carbone de 2050, le gouvernement a oublié de réaliser un bilan économique pour la sortie du nucléaire.

Compenser le besoin en énergie

Face à cette fermeture, la France devra affronter une grande problématique : comment s’approvisionner en électricité ? Cette interrogation pourtant fondamentale n’a encore fait l’objet d’aucune discussion. Les acteurs pensent qu’une révolution des voitures électriques, la croissance numérique et l’arrivée de nouvelles sources d’énergie suffiront pour compenser les besoins des consommateurs. La demande évolue pourtant en fonction des usages et des pics de consommation. Les besoins énergétiques doivent s’appuyer sur une « base » constante que les énergies renouvelables encore intermittentes sont incapables de satisfaire.

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La peur de plus en plus croissante du nucléaire

Selon les observateurs, c’est la peur du nucléaire, plus précisément, la peur d’un accident à l’image de Tchernobyl et de Fukushima qui a motivé l’arrêt de la centrale de Fessenheim. La France, malgré tout, a constamment été en mesure de concilier indépendance nationale, gestion et sécurité énergétique. La filière était en plein développement, mais a souffert de critiques écologiques qui y voient une menace environnementale. Dans la trajectoire de 2050 où l’énergie sera à 100 % renouvelable, le nucléaire fait tache.

Les critiques de plus en plus virulentes sur l’incompétence réelle ou supposée d’EDF ont également contribué à la disparition du nucléaire. Pour finir, les institutions européennes manifestent progressivement leur hostilité et leur mécontentement face à la filière en plein essor.

Qu’en est-il du démantèlement ?

Le parc nucléaire français de 56 réacteurs répartis sur 19 sites devra ainsi tirer un trait sur 2 d’entre eux. Les procédures de démantèlement sont très complexes, il faudra donc patienter entre 20 à 30 ans avant de voir le site de Fessenheim complètement assaini. Le gouvernement entend fermer tout le parc d’ici 15 ans, passant de 75 à 50 % du mix. D’ici 2050, le pays ne comptera plus aucun réacteur et reposera uniquement sur les énergies renouvelables, notamment éoliennes et solaires. Rappelons néanmoins que la France repose encore à 75 % sur la filière nucléaire. Les 25 % sont partagés entre les énergies fossiles, les énergies éoliennes et solaires, ainsi que l’hydroélectricité.

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La fin du nucléaire et la crise climatique

La liquidation massive des différents sites nucléaires et les démantèlements qui l’accompagnent s’étaleront sur plus de 50 ans. Cependant, ces démarches auront forcément un impact sur le climat français déjà très critique. De plus, les éoliennes terrestres et en mer qui perturbent les paysages et les habitants posent problème, car elles sont encore très loin de leur stade de maturité.