Pourquoi la fermeture d’une centrale nucléaire doit-elle être effective après 40 ans de fonctionnement ?

En France, le parc nucléaire devient vétuste. Environ 60 % des réacteurs atteindront très prochainement leur « âge de fin de vie ». Cela équivaut à 40 années, la durée maximale initialement établie pour leur fonctionnement. Mais le gouvernement et EDF œuvrent pour faire en sorte que la durée d’utilisation du parc nucléaire soit prolongée de 10 à 20 années.

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Selon Greenpeace, cette décision pourrait se révéler dangereuse, qui plus est onéreuse. Voici quelques raisons qui pourraient expliquer la dangerosité du prolongement du fonctionnement de ces centrales de plus de 40 ans.

Les centrales nucléaires ont été conçues pour durer 40 ans au maximum

Les ingénieurs ont imaginé les réacteurs et ont estimé les caractéristiques de leurs matériaux ainsi que leur résistance pour un fonctionnement dont la durée est comprise entre 30 et 40 ans. En d’autres termes, aucun test n’a été réalisé pour évaluer la capacité de fonctionnement de ces réacteurs passé ce délai.

Ainsi, après 40 années d’emploi, ces réacteurs sont vieux et arrivent au terme de leur usage normal ou conventionnel. De plus, EDF n’a prévu aucun examen approfondi d’impact environnemental quant au fonctionnement des centrales après une quarantaine d’années.

Des éléments qui se dégradent et qui sont irremplaçables

Certains éléments qui composent les réacteurs sont primordiaux. Ces derniers peuvent se détériorer et ne peuvent pourtant pas être remplacés. En effet, au fil du fonctionnement de leurs mécanismes, les composants s’endommagent et deviennent fragiles. C’est entre autres le cas avec le réservoir du réacteur qui renferme le combustible.

Aussi, si un réacteur en marche se rompt, cela peut causer un dégât nucléaire considérable, comme les accidents de Fukushima ou de Tchernobyl. Or, aucun programme de remplacement n’est disponible dans le cas où les réservoirs de ces réacteurs viendraient à s’user.

Les réacteurs : des dispositifs technologiques d’antan

La conception des réacteurs date des années 70 et 80, alors que l’ordinateur tel qu’il est à ce jour n’existait pas encore. À l’époque, aucune technologie de pointe n’était disponible, le problème du dérèglement climatique n’était pas encore effectif. Bref, toute l’édification a relevé de procédés qui, aujourd’hui, sont parfaitement dépassés.

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Depuis, les normes ont considérablement progressé. Les centrales ne sont pas suffisamment protégées pour faire face aux risques qu’elles peuvent encourir actuellement. À titre d’exemple, si un avion venait à s’écraser sur le site, aucune parade n’existe, aucun dispositif d’urgence n’est prévu.

Les risques d’accident sont décuplés

À mesure que les centrales avancent en âge, cela augmente d’autant plus les risques de dysfonctionnement grave. Vers la fin de l’année 2014, l’ASN a déjà constaté plusieurs types d’incidents « précurseurs », relatifs à la vétusté des installations.

La survenue d’un incident est donc aléatoire. Pire encore, même les ingénieurs les plus expérimentés ne pourraient pas anticiper ce genre de situation.

Les centrales nucléaires : des polluants incontestables

Tous les jours, les réacteurs nucléaires participent à la pollution de l’environnement, et de façon tout à fait légale. Toutefois, dans certains cas, des écoulements involontaires d’éléments radioactifs peuvent se produire. Ceux-ci sont à même de polluer et d’altérer les sols et les nappes phréatiques.

D’autre part, tous les ans, le fonctionnement d’une centrale engendre des déchets nucléaires des plus radioactifs, dont la gestion doit être assurée avec la plus grande minutie. Ces déchets doivent en plus être confinés durant plusieurs milliers d’années.

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Somme toute, si le gouvernement décide d’autoriser le prolongement de la durée de vie des centrales, cela peut générer des frais très élevés, dont la somme est encore indéterminée. À l’heure actuelle, d’après les estimations d’EDF, le coût des travaux peut s’élever à plus de 250 millions d’euros pour chaque réacteur. Pour comble, ce montant sera sûrement amorti sur les factures d’électricité des consommateurs !