Précarité énergétique : de nombreux Français sont encore concernés

En France, un peu plus de 6 millions de personnes vivent encore en situation de précarité énergétique, comme le révèlent les dernières informations de l’ONPE ou Observatoire national de la précarité énergétique. Ces données concernent les foyers modestes dont environ 8 % de leurs finances sont dédiées à leurs dépenses énergétiques. Qui sont les plus exposés à cette précarité ? Quelles en sont les causes ?

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Qui sont les plus touchés par la précarité énergétique ?

Les principales catégories de personnes concernées par la précarité énergétique sont les personnes du troisième âge, les personnes vulnérables ainsi que celles qui doivent rester constamment chez elles, et pour lesquelles le chauffage est primordial. Leurs retraites ou pensions d’invalidité sont tellement infimes que parfois, elles préfèrent se préchauffer au lieu de se nourrir correctement.

Dans beaucoup de cas, ce sont des propriétaires de grandes habitations situées dans une commune rurale et bénéficiant d’une mauvaise isolation. Alors que leurs enfants quittent la demeure familiale, ces personnes se retrouvent seules avec un logement trop spacieux, dont le chauffage peut être compliqué.

D’autres personnes, ne pouvant pourtant pas se le permettre, recherchent le confort au prix fort. Celles-ci, avec leurs revenus très bas, ont souvent du mal à payer des travaux d’isolation. Elles trouveront alors une solution pour améliorer leur confort, par exemple en bloquant les trous d’aération ou en installant elles-mêmes un matériau isolant.

Certains locataires sont également exposés à la précarité énergétique. Sans emploi et donc sans revenus, ils dépendent de leurs propriétaires. Étant donné leur situation, ils sont contraints de vivre avec moins de chauffage.

Les causes de la précarité énergétique

Les habitants des communes rurales sont particulièrement touchés par la précarité énergétique. Leurs maisons sont plus grandes, et leur chauffage qui est usuellement alimenté au fioul revient plus cher que le gaz utilisé en ville.

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Le type de personnes qui composent le foyer peut aussi être à l’origine de cette précarité. Cela se remarque surtout au sein de ménages constitués de mères célibataires et d’enfants de bas âge.

Pour les retraités, les femmes au foyer et les personnes sans travail, le problème provient de leurs revenus faibles, voire inexistants. Puisqu’ils doivent rester plus longtemps chez eux, leurs besoins en chauffage s’avèrent plus importants.

Des mesures sont-elles adoptées pour remédier à la situation ?

Les efforts fournis pour lutter contre la précarité énergétique ne semblent pas suffisants. En 2010, dans le cadre de la loi Grenelle, le programme « Habiter Mieux » a été lancé par l’ANAH ou Agence nationale de l’Habitat. Grâce à ce programme, près de 62 000 foyers ont pu obtenir en 2018 une aide à la rénovation, 52 000 en 2017 et 42 000 en 2016.

Des progrès sont hélas encore à réaliser. En effet, les dispositifs mis en place sont encore nettement lacunaires. Certes, le chèque énergie est bénéfique, mais cela ne permet de rembourser qu’un mois de facture. De même, les aides telles que le « Fonds de solidarité » ou « Habiter mieux » sont de bonnes initiatives. Cependant, seuls quelques ménages en précarité énergétique peuvent en profiter. À l’Ademe, divers programmes sont en cours afin de mieux accompagner les ménages. C’est entre autres le cas du programme Sare.

Certains dispositifs, s’ils devaient faciliter la réalisation de travaux, ont occasionné des offres frauduleuses. C’était notamment le cas avec l’isolation à un euro. Certains professionnels présentaient de fausses factures pour des travaux mal faits ou carrément pas effectués du tout.

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Afin de réduire ce chiffre élevé de 6 millions de personnes, il est donc nécessaire de prendre des dispositions plus sérieuses et de mettre en œuvre des programmes plus efficaces. Dans le contexte de la transition énergétique, il faudrait favoriser l’amélioration des aides attribuées à l’exécution des travaux de rénovation énergétique.