Recul des chaudières au fioul au profit des pompes à chaleur en France

Le mode de chauffage domestique conditionne les émissions de CO2. Dans la lutte contre le dérèglement climatique, les méthodes de production de chaleur comptent parmi les priorités gouvernementales. L’État a multiplié les initiatives et les actions afin d’encourager l’usage de systèmes de chauffage durable dans chaque foyer. Ces opérations se sont révélées efficaces, car les énergies fossiles sont en passe de disparaître du secteur.

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Régression de l’usage des chaudières au fioul

Le Premier ministre Édouard Philippe avait décrété en 2018 la fin des chaudières au fioul. Il a annoncé haut et fort sa volonté d’éradiquer cette énergie polluante et épuisable sous 10 ans. Par la même occasion, le crédit d’impôt destiné à favoriser son usage a également pris fin. Depuis, ce système de chauffage est en déclin progressif.

Le rapport du syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques Uniclima publié le mardi 4 février 2020 a confirmé cet affaissement. En effet, les ventes des chaudières au gaz et fioul à condensation ont chuté de 9,5 % entre 2018 et 2019. L’achat de la version classique s’est dégradé de 29 %. Uniclima explique la relative faiblesse de ces chiffres par la lenteur du marché du logement neuf en 2019.

Hausse de l’usage des pompes à chaleurs

Inversement, les pompes à chaleur ou PAC s’envolent progressivement. Les PAC air-air et air-eau connaissent aujourd’hui un impressionnant essor. Leur évolution se situe entre 27 à 83 %. C’est le marché des PAC air-eau qui recense le plus de succès grâce aux multiples aides et subventions, selon Uniclima. Les épisodes caniculaires prolongés ont également contribué à la forte progression des PAC. En effet, les pompes à chaleur air-air offrent un bon confort en été et sont donc très demandées. Mais elles servent surtout de moyen de production de chauffage principal: si le marché des PAC aérothermiques par exemple avait enregistré une vente de 52 779 unités en 2012, les chiffres ont monté à 176 220 en 2019 et maintiennent une forte croissance.

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Par ailleurs, l’avènement de la future réglementation environnementale RE 2020 qui succédera à la RT 2012 et concerne les bâtiments neufs, renforcera très certainement cette tendance haussière. Les chauffe-eau thermodynamiques, eux, enregistrent également une croissance de + 13 % par an.

Progression de l’usage des chaudières à granulés

La prime « coup de pouce chauffage » du gouvernement a eu un impact sur le marché des chaudières à bois et des énergies renouvelables. En effet, les installateurs sont extrêmement sollicités pour effectuer les aménagements. Le nombre d’installations s’élevait à 17 400 en 2019. En seulement une année, les poses ont augmenté de 60 %, tandis que la vente des équipements à chargement automatique a presque doublé (soit 90 %). Ils occupent aujourd’hui 80 % du marché du chauffage. Ces installations remplacent principalement les vieilles chaudières au fioul. Pendant ce temps, les équipements à chargement manuel n’ont crû que de 30 %.

Quant aux énergies renouvelables, le marché solaire thermique a subi un déclin de 15 % en 2019. Les capteurs installés ont occupé une surface de 42  500 m2 durant cette période.

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Le syndicat Uniclima condamne les méthodes gouvernementales

Le syndicat Uniclima a profité de sa dernière publication pour critiquer les actions gouvernementales, notamment concernant les aides et les subventions. En effet, il pointe du doigt « la brutalité » de la réaction du marché à la suite des décisions des pouvoirs publics. Le syndicat pense que le délai de privation imposé aux industriels a été insuffisant pour permettre une adaptation de leur outil. L’Uniclima déplore les méthodes de communication de l’État sur les primes et les travaux à « 1 euro ». Selon lui, ces promotions détruisent les valeurs et génèrent des bulles « spéculatives néfastes ».