Résultat de la 7ème édition de l’étude de la Fédération des entreprises de l’eau sur les services publics d’eau

La Fédération des entreprises de l’eau (FP2E) a publié le jeudi 12 décembre le résultat de la 7ème édition de leur étude concernant les services publics d’eau et d’assainissement en France. Cette étude a été réalisée avec l’aide du cabinet de conseil BIPE.

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Une difficulté dans la collecte de données

Le président de la FP2E Frédéric Van Heems a remarqué un manque de transparence dans les méthodes de communication des données et des chiffres pour réaliser l’enquête. Cette difficulté se fait notamment ressentir dans les villes abritant moins de 10 000 habitants. Cette complexité constitue un véritable problème, car toutes les données sont indispensables pour optimiser les pilotages des services des eaux pour les prochaines années, selon Pascal Le Merrer (président du Bipe).

D’après les 2 organismes porteurs du projet, cette enquête constitue une avancée majeure dans les démarches de conscientisation des acteurs. En effet, l’étude s’apparente à un signal d’alarme pour accélérer la prise de conscience populaire sur l’intérêt d’un changement dans les habitudes de consommation.

Satisfaction des Français des services de l’eau

L’enquête a dévoilé que 87 % des Français sont satisfaits de la qualité des services de l’eau. Ce taux connait une légère hausse par rapport à l’année précédente où le taux de satisfaction était de 84 %. Ce pourcentage est le fruit d’un engagement de la part des entreprises de l’eau. Celles-ci ont augmenté leurs investissements de 17 % pour permettre le déploiement de compteurs intelligents. Ces dispositifs encadrent les réseaux, cernent rapidement les fuites et surveillent les consommations.

De plus, le taux de rendement Français a atteint 79,8 %. Ce pourcentage dépasse largement la moyenne européenne. D’après Frédéric Van Heems, cette amélioration a permis la conservation d’un milliard de mètres de cubes d’eau dans la nature. Elle a également stabilisé la consommation habituelle malgré une hausse du nombre de la population. Rappelons que le taux de rendement se définit comme la différence entre le volume d’eau utilisé par les abonnés et le volume d’eau placé dans les canalisations après leur traitement en usine.

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Taux de renouvellement des réseaux insatisfaisant

Malgré le taux de rendement élevé, l’enquête a révélé un taux de renouvellement des réseaux insuffisant. Depuis 2016, le pourcentage est resté à 0,57 %. Sans une amélioration, il semble impossible d’entretenir le patrimoine de manière efficace, constate le président de la Fédération. Il faut rappeler que le renouvellement est indispensable pour limiter au maximum l’infiltration des bactéries et des microbes dans l’eau.

Atteindre au minimum les 1,5 % est primordial pour assurer l’entretien de l’eau. Dans cette optique, un investissement de 8 milliards d’euros par an est nécessaire, soit 2 milliards de plus que l’investissement actuel. De plus, les stations d’épuration nécessitent une mise en conformité selon les normes de l’UE.

L’usage des services de l’eau dans le secteur privé et professionnel

Les professionnels déclarent être satisfaits du prix moyen des services de l’eau français. Le tarif se situe environ à 4 euros/m³. Ce coût  leur semble très abordable par rapport aux prix des services de l’eau dans les pays voisins. Dans un souci écologique, les professionnels font également usage des eaux usées et traitées pour s’approvisionner. Il faut rappeler qu’en France, seulement 1 % des eaux usées est traité et réutilisé. Ce pourcentage reste minime face à l’Italie (9 %) et l’Espagne (13 %).

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L’enquête a révélé une hausse du taux d’impayés. S’il était de 0,9 % en 2013, il est aujourd’hui à 1,9 %. Malgré ce taux, le gouvernement prévoit une hausse du prix de l’eau pour les années à venir. Néanmoins, 82 % des consommateurs déclarent qu’ils sont prêts à payer plus pour profiter d’une amélioration de la qualité de service et pour la conservation des ressources.