Risque élevé de dispersion d’un nouveau virus des tomates et poivrons en France

Un nouveau virus a fait son apparition et menace aujourd’hui les plantations de poivrons, de tomates et de piments. Il s’agit du ToBRFV. Son pouvoir de contamination ne touche que les plantes. Toutefois, c’est la production nationale, voire européenne, qui est en jeu.

Pub

Un virus encore en dehors des frontières françaises

Les tomates, les poivrons et les piments sont désormais les cibles d’un nouveau genre de virus. D’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ces germes s’attaquent uniquement aux plantes potagères. Le virus est connu sous le nom de tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV). Répertorié pour la première fois en 2014 au Moyen-Orient, il s’est ensuite propagé à l’échelle mondiale.

Heureusement, le virus n’est pas encore parvenu à atteindre le sol français. Cependant, l’Anses craint un risque de dissémination qui provoquera un impact négatif majeur sur les cultures, aussi bien dans les filières professionnelles et que pour les productions familiales. L’agence conseille la mise en place de mesures de prévention immédiates pour éviter une telle catastrophe.

Comprendre le nouveau virus

D’après Philippe Reignault, responsable auprès de l’agence, le nouveau virus appartient au genre des tobamovirus. En d’autres termes, il s’en prend uniquement aux plantes et ne présente aucun risque de contagion pour les animaux et les humains. Le germe reste cependant dangereux, aucun traitement d’éradication n’existe à l’heure actuelle. En outre, aucune variété de piments, ni de poivrons, ni de tomates n’est en mesure de lui résister. Sa transmission s’opère par les semences et par un contact direct avec les plantes infectées. Le virus supporte la température humaine et survit pendant des mois à la surface des vêtements, de matériels ou dans le sol.

Mode opératoire

Le virus s’attaque à la majeure partie de la plante, allant de l’extrémité jusqu’aux racines, en passant par la tige. Les symptômes pour le reconnaître sont :

Pub
  • Une décoloration
  • Des plages jaunes
  • Des plages vertes
  • Des taches brunes sur la fleur
  • Des taches sombres sur la fleur
  • Des déformations de la plante
  • Une apparition de surface rugueuse

Ces manifestations rendent les plantes non commercialisables. Dans les pays les moins exposés, des cas ont pourtant été signalés, faisant état de 8 à 10 % de dégâts. D’un point de vue économique, l’impact d’une telle perte est déjà considérable.

Quelles mesures entreprendre ?

Le virus s’est introduit sur le territoire européen. Des foyers ont été recensés en Italie, en Grèce, en Espagne et aux Pays-Bas. La mobilisation européenne est donc générale. Les autorités françaises redoublent de vigilance, car le danger est avéré immédiat. D’autre part, une plante infectée devient incomestible, car sa maturation a été altérée.

La prévention constitue l’unique solution. Dans cette optique, des mesures d’urgence européennes imposent le contrôle poussé de toutes les semences en circulation afin d’assurer l’absence du virus. En cas d’apparition d’un foyer, les procédures d’éradications sont immédiatement enclenchées. Ces mesures sous-entendent l’arrachement et la destruction complète des plantes contaminées. Les agriculteurs amateurs doivent rester en alerte permanente et signaler auprès du Service régional de l’alimentation toute forme d’anomalie de leurs plantes.

Pub

Déterminer la présence du virus

Les demandeurs de semences doivent rester vigilants sur leur origine. Les risques demeurent faibles si elles proviennent des circuits courts ou d’un échange entre voisins. Les semences certifiées sont exemptes de virus. Cependant, les commandes sur Internet peuvent renforcer l’imminence du danger, notamment si l’origine est inconnue. Dans le cadre d’une culture intensive, le risque de propagation est doublé en cas de contamination d’une unique plante. Le virus touche aussi bien l’agriculture conventionnelle que l’agriculture biologique. Les plantations sous terre et en plein champ sont également concernées.