Strasbourg présente un nouveau plan climat 2030 qui reste incertain pour Greenpeace

Strasbourg présente son second plan climat prévu pour 2030. Pour concrétiser le programme, la ville a besoin de l’aval de Greenpeace qui hésite encore. Selon l’organisme, le plan reste flou et le financement n’est pas assuré.

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Les détails sur le nouveau plan climat de 2030 de Strasbourg

La première tentative de Strasbourg d’obtenir un appui de Greenpeace s’est soldée par un échec en 2009. Aujourd’hui, la ville retente sa chance avec son nouveau projet climat qui sera destiné aux horizons 2030. C’est Catherine Trautmann, l’ancienne maire de Strasbourg qui a pris la parole et a levé le voile sur le dossier. Elle a en outre annoncé la limitation à 40 % des gaz à effet de serre et la limitation à 30 % des émissions des voitures polluantes.

Au cours de la présentation le mardi 17 décembre 2019, l’ancienne maire a reconnu l’absence d’une nette évolution de la part de la ville depuis le précédent plan climat. Néanmoins, une petite baisse de la consommation énergétique a été ressentie entre 2005 et 2014. En ce qui concerne la qualité de l’air, le plan prévoit une aide pour encourager la construction de bâtiments à énergie positive et pour promouvoir la réhabilitation thermique des logements actuels. La ville vise une remise à norme de 6 000 à 8 000 logements selon les exigences de BBC.

Le plan veut également inciter à l’usage des énergies renouvelables, en l’occurrence l’énergie solaire, la biomasse et la géothermie. Pour finir, la ville projette un programme de revalorisation des déchets et une meilleure mobilisation des acteurs locaux pour le recyclage.

Miser sur les moyens de transport

Pour parvenir à une réduction de 40 % de l’émission de gaz à effet de serre, 4 grandes mesures ont été adoptées. La première consiste à améliorer la qualité de l’air qui devient une forte préoccupation des Strasbourgeois et de tous les habitants de la France, selon toujours Catherine Trautmann. La seconde vise à réduire le taux de pollution atmosphérique en misant sur la promotion des modes de déplacements doux. D’ici 2030, la ville convoite un objectif de réduction de 37 % (par l’encouragement de la marche) et de 17 % (pour les moyens de transport en commun).

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À ces précautions s’ajoute l’instauration d’une zone à faibles émissions ou ZFE sur l’Eurométropole. Puisque la sortie progressive du diesel pour les 33 communes est prévue en 2030, Strasbourg pense supprimer progressivement ce mode de déplacement dès 2025.

Mise en place d’une agence de l’énergie et du climat

Afin de mettre toutes les chances de son côté, la ville de Strasbourg projette de mettre en place une agence locale de l’énergie et du climat (ALEC). Elle verra le jour dès 2020 et bénéficiera d’un budget de l’ordre de 250 000 euros. En guise de vecteurs et d’outils de promotion, la future agence ALEC utilisera les chaînes d’informations pour les campagnes de sensibilisation.

Elle compte également sur l’expertise des professionnels et des responsables de communes d’Eurométropole pour encourager la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Enfin, l’agence prévoit une campagne pour limiter la consommation énergétique des foyers.

Greenpeace toujours insatisfaite

« Floue », c’est la qualification de Greenpeace à l’encontre du projet de 2030. En effet, le projet climat présente des objectifs à la hausse, alors que les financements restent incertains. La référente de l’ONG à Strasbourg Lucille Auger s’inquiète de la situation et craint un autre reniement vis-à-vis de Greenpeace. Selon ses dires, l’Eurométropole est encore trop centrée sur l’usage de la voiture, alors qu’elle devrait promouvoir les autres « alternatives ».

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Pour finir, le projet de revalorisation des déchets nécessite des acteurs qui prendront en charge le suivi des opérations. La référente de l’ONG confirme soutenir le plan si la ville parvient à éclaircir ces zones d’ombres.